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Océan pacifique - relief

Océan pacifique

Après avoir été longtemps «éclipsé» par le rôle de l’Atlantique, l’océan pacifique est le plus vaste océan mondial, à lui seul plus étendu que l’ensemble des continents, se trouve aujourd’hui au cœur de l’échiquier international. Renfermant les archipels océaniens, il est jalonné par les deux premières puissances économiques, les États-Unis et le Japon, mais aussi par l’Asie orientale, l’Australie et une Amérique latine toujours plus dynamique. La «ceinture de feu» du Pacifique se transformerait-elle en «lanière de prospérité»?

Ile dans l'Océan pacifique
Ile dans l’Océan pacifique

Limites et géographie de l’océan pacifique

L’océan Pacifique, le tiers de la planète bleue, est deux fois plus étendu que l’Atlantique et ses mers bordières. Du nord au sud, il se déploie de la mer de Béring aux falaises de glace de la mer de Ross (Antarctique). La péninsule Malaise et l’isthme de Panamá, ses extrémités ouest et est, sont séparés par une distance correspondant à plus de la moitié de la circonférence du globe. Les grandes limites du Pacifique sont la Terre de feu, l’archipel des Aléoutiennes, le détroit de Béring, les îles de la Sonde, la Nouvelle-Guinée et l’Australie. Alors que son raccordement à la zone arctique se fait difficilement, son ouverture sur l’océan Austral est très nette (une limite conventionnelle est fixée à 60° sud). L’océan Indien commence au-delà des îles de la Sonde et du méridien de Tasmanie (147° est); la communication avec l’Atlantique se fait par le détroit de Drake, entre la Terre de Feu et l’Antarctique (67° est).

Océan indien et morphologie sous-marine

Le Pacifique détient le «record» des profondeurs moyenne (3 957 m) et absolue (11 033 m), et se caractérise par l’existence de nombreuses fosses océaniques. Son bassin contient 52,9 % du volume de l’océan mondial.

Les formes de reliefs sous-marins

Les grandes divisions régionales
Une dissymétrie entre l’Est et l’Ouest apparaît dans les contours des rivages: les côtes américaines possèdent un tracé assez simple l’échancrure du golfe de Californie faisant exception et les îles s’y font rares, tandis que les côtes asiatiques présentent des tracés extrêmement sinueux et sont précédées vers le large par des guirlandes d’îles enserrant de nombreuses mers bordières (mers d’Okhotsk, du Japon, de Chine orientale). La région occidentale et centrale du Pacifique, autrement dit la plus grande partie de l’Océanie, est constellée de petites îles peu ou pas occupées.

Les bassins du Pacifique septentrional
Le plus vaste bassin de l’océan est limité au nord par la fosse des Aléoutiennes, à l’ouest par celles des Kouriles, du Japon et des Philippines. Il s’étend vers l’est jusqu’à l’Amérique du Nord, où la surface du plateau continental diminue de l’Alaska à la Californie. D’une profondeur moyenne proche de 5000 m, ce bassin est accidenté dans sa partie occidentale par des rides allongées, émergées ou non. Celle d’Hawaii porte deux volcans actifs (Kilauea et Mauna Loa), qui, pratiquement en permanence, émettent des coulées de laves basaltiques très fluides. La chaîne de l’Empereur, au nord-ouest de la précédente, également asismique, présente un alignement de reliefs immergés du Kamtchatka aux îles Midway.

Les bassins du Pacifique méridional
Trois grands bassins (Pérou, Pacifique-Antarctique et Pacifique Sud) marquent le sud de l’océan. Limitée à l’ouest par les fosses des Kermadec et des Tonga, cette région comporte peu d’îles, hormis celles du plateau continental néo-zélandais (Antipodes, Bounty, Campbell, Chatham). Le bassin du Pacifique Sud est séparé des deux autres par une dorsale sous-marine, comparable à la dorsale médio-atlantique; dépourvue de rift, elle occupe une position décalée vers le sud-est. Longue de 15 000 km, large de 1 500 km et relativement peu élevée, la dorsale pacifique, qui prolonge la dorsale indienne, supporte de rares reliefs volcaniques émergés (île de Pâques). Elle pénètre vers le nord dans le golfe de Californie et se prolonge sur le continent nord-américain par la faille de San Andreas.

Les marges orientales au sud du tropique du Cancer
Les façades de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud présentent un tracé simple. Vers le large, la côte est précédée par un alignement subparallèle de fosses sous-marines dont la profondeur maximale dépasse 8 000 m au large du Chili. Compte tenu de la présence de la puissante chaîne andine, la dénivellation entre les points culminants de la cordillère et les abîmes sous-marins dépasse par endroits 14 000 m.

Atoll dans le Pacifique
Atoll dans le Pacifique

Le Pacifique central et ses archipels

Le centre de l’océan pacifique, qui n’est pas constitué de vastes plaines abyssales, possède un relief sous-marin accidenté, hérissé de cônes volcaniques parfois émergés, constituant un ensemble insulaire organisé en archipels fréquemment allongés du nord-ouest au sud-est (Phoenix, Samoa, Marquises, Tuamotu, îles de la Société, îles Cook…). La structure des constructions coralliennes devient de plus en plus complexe en direction du nord-ouest (atolls): celles-ci se prolongent par des pitons volcaniques immergés en forme de cônes ou au sommet plat (guyots), en général vers – 900 à – 1800 m.

Les marges occidentales

De la presqu’île du Kamtchatka à la Nouvelle-Guinée, parfois à plusieurs milliers de kilomètres du continent asiatique, s’étendent des fosses océaniques de direction grossièrement méridienne (Mariannes, Kouriles, Philippines, Japon). Elles sont surplombées par des guirlandes insulaires légèrement arquées qui isolent des mers bordières. Entre le Japon et les Philippines, le système se dédouble: l’archipel Bismarck possède la particularité d’être encadré par deux fosses symétriques. Les marges occidentales sont caractérisées par un volcanisme explosif et une forte sismicité.

Carte Océan pacifique - Océanie
Carte Océan pacifique – Océanie

Les données structurales de l’océan pacifique

L’essentiel de l’océan repose sur la plaque Pacifique. Du côté oriental de la dorsale s’individualisent les plaques Cocos, Nazca et Antarctique. L’âge des fonds océaniques augmente de part et d’autre de la dorsale: le fond du golfe de Californie, qui date seulement de 4 millions d’années, est assez récent. Les fonds les plus anciens s’observent sur la bordure occidentale de la plaque Pacifique, celle qui s’est le plus «déroulée» depuis la dorsale. À l’approche de la fosse des Mariannes, éloignée d’une dizaine de milliers de kilomètres de l’axe de la dorsale, les fonds sont vieux de 190 millions d’années. Au-dessus de la croûte océanique, le basalte s’écoule régulièrement à partir de points d’émission et forme des accumulations dont le poids concourt à la subsidence des bassins.

Le contact entre la croûte océanique et les plaques périphériques, qui incorporent des éléments de croûte continentale, est souligné par la «ligne andésitique» (l’andésite est le matériau dominant associé aux zones de subduction), qui relie les grandes fosses péripacifiques.

Les bordures océaniques, marges continentales actives où interviennent des phénomènes de subduction, sont des zones d’affrontement entre plaques lithosphériques. Du côté américain, la situation est relativement simple: les plaques nord-américaine, caraïbe et sud-américaine chevauchent respectivement les plaques Pacifique, Cocos et Nazca, qui tendent à s’enfoncer dans le manteau (contrairement à l’Atlantique, le Pacifique est un océan en diminution). La subduction d’une plaque sous une autre s’est accompagnée de la surrection d’une ligne volcanique andésitique (Aléoutiennes) incorporée à un édifice montagneux complexe (Andes). Les bordures occidentales présentent, quant à elles, une situation complexe, du fait de la multiplicité des plaques. Celle des Philippines, étendue à l’est de l’archipel, s’intercale entre les plaques eurasienne et Pacifique.

L’évolution actuelle de l’océan pacifique

La dorsale pacifique fonctionne intensément: au nord de l’île de Pâques, l’injection de lave conduit à un renouvellement du plancher océanique au rythme de 18 cm par an. La sédimentation est généralement limitée, et l’épaisseur des dépôts croît de la dorsale vers les bordures (de 100 à 1 000 m environ). La faiblesse globale de la sédimentation terrigène tient à deux facteurs. Sur les bordures, les sédiments d’origine continentale se trouvent généralement «piégés» dans les fosses océaniques: la fosse du Chili contiendrait 2 000 m de sédiments. Ailleurs, des dorsales insulaires retiennent la sédimentation dans les mers bordières: la mer de Béring a été transformée en bassin sédimentaire par la dorsale des Aléoutiennes.

Le centre du Pacifique est pour sa part pratiquement dépourvu de sédimentation terrigène. La superficie continentale drainée par les fleuves se jetant dans le Pacifique ne représente d’ailleurs que le quart des terres émergées.

Les séismes qui secouent les parois des fosses sous-marines font naître en surface des phénomènes ondulatoires: ce sont les tsunamis, raz de marée caractérisés par une longueur d’onde d’une ou de plusieurs centaines de kilomètres et par une vitesse de propagation pouvant atteindre 800 km/h.

Vague - Océan pacifique
Vague – Océan pacifique

Climatologie et hydrologie

L’immensité du Pacifique fait que l’on parle d’«hémisphère maritime» à propos de la moitié du globe centrée sur cet océan. L’homogénéité des fonds océaniques sur une très vaste superficie et l’éloignement des masses continentales perturbatrices expliquent la netteté du canevas climatique zonal.

Les caractéristiques du climat

Deux cellules anticycloniques sont centrées à l’est du méridien 180°: les anticyclones de Californie et de l’île de Pâques. Ces deux centres de hautes pressions se rapprochent de l’équateur au cours de l’hiver de leur hémisphère. Ils déterminent des flux d’alizés qui se rejoignent le long de la convergence intertropicale, dont le balancement saisonnier présente une faible amplitude, entre l‘équateur géographique (janvier) et 10° nord (juillet). Vers les pôles se localisent des aires dépressionnaires: celle de l’Antarctique est en permanence marquée par les grands vents frais d’ouest; celle des Aléoutiennes est très affaiblie pendant l’été boréal.

Dans la partie occidentale de l’océan pacifique, le climat est fortement influencé par la proximité de l’Asie. Pendant l’été boréal, cette partie du monde, siège d’une zone de basses pressions, attire les alizés de l’hémisphère Sud: au passage de l’équateur, ces flux se transforment en mousson. Le renversement saisonnier des vents entre l’équateur et le Japon est analogue à celui observé dans le nord de l’océan Indien. La fin de l’été boréal est marquée par des typhons.

Répondant à un schéma zonal, les températures, qui connaissent une faible amplitude annuelle, atteignent leur maximum entre les tropiques: 24 °C à l’est et 28 °C à l’ouest de l’océan. Les plus fortes précipitations affectent les régions touchées par la mousson (de la Mélanésie au Japon) et d’une manière globale la zone intertropicale, surtout sa partie occidentale.

Les eaux de surface

La circulation des eaux emprunte certains de ses traits à l’Atlantique, d’autres à l’océan Indien. Dans l’hémisphère austral, l’alizé du sud-est, qui souffle au large des côtes du Pérou et du Chili, entraîne les eaux superficielles vers le large, mouvement compensé par des remontées d’eaux profondes froides (upwellings). Celles-ci alimentent le courant de Humboldt, déjà enrichi par une partie des eaux du grand courant circumpolaire antarctique. Progressivement réchauffé, le courant de Humboldt entretient le courant sud-équatorial, qui est situé entre 2° nord et 15° sud. Dans la partie occidentale de l’océan pacifique, il bifurque vers le sud, longe les côtes orientales de l’Australie (courant de Tasmanie) et se fond dans le grand courant circumpolaire antarctique.

Dans l’hémisphère boréal, le courant froid de Californie, provoqué par l’alizé de nord-est, alimente le courant nord-équatorial. Situé entre 7° et 20° nord, celui-ci est séparé du courant sud-équatorial par un contre-courant équatorial de surface, en permanence localisé dans l’hémisphère Nord. Au droit des Philippines, le courant nord-équatorial amorce une giration vers le nord dans le sens des aiguilles d’une montre; il devient alors le Kuroshio, équivalent pacifique du Gulf Stream. Ce courant emporte vers le nord – nord-est des eaux très chaudes et salées. Une partie emprunte le détroit de Tsushima et pénètre dans la mer du Japon; la branche principale longe les côtes méridionales du Japon avant d’opérer une déviation vers l’est – nord-est, au droit de la baie de Tokyo. Ce mouvement s’effectue sous l’influence conjuguée de la force de Coriolis et de l’Oyashio, courant froid issu des mers de Béring et d’Okhotsk. Le Kuroshio alimente la dérive nord-pacifique, laquelle se scinde en deux branches à l’approche du continent nord-américain (courants de l’Alaska et de Californie).

Les mers de l’Asie du Sud-Est, en raison de la mousson asiatique, présentent des caractéristiques propres. Pendant l’hiver boréal et à l’intérieur de l’arc insulaire se fait sentir un flux allant du détroit de Formose à celui de Torres, qui est essentiellement alimenté par le courant nord-équatorial. De mai à août, ce flux s’inverse.

Le rôle du climat sur l’hydrologie

La dérive nord-pacifique entraîne une élévation des températures de la façade occidentale du Canada. Cette anomalie thermique positive, d’environ 2 °C à Vancouver, est cependant moins prononcée que pour l’Europe occidentale. D’une part, le Kuroshio, qui est seulement alimenté par le courant nord-équatorial, est moins puissant et moins abondant que le Gulf Stream. D’autre part, la configuration des rivages asiatiques provoque une déviation du Kuroshio vers 30-35° nord, alors que l’étroitesse du détroit de Béring empêche la dérive nord-pacifique de s’engouffrer loin vers le nord. En période de mousson, l’afflux d’eaux très chaudes (28 °C) d’origine équatoriale, poussées vers le nord par les vents, étend jusqu’au Japon l’aire d’extension des cyclones et y provoque des pluies torrentielles en fin d’été.

Les upwellings côtiers de Californie et du Pérou ont tendance à assécher le climat des littoraux adjacents. Le cas du Pérou et du Chili septentrional est le plus remarquable: sur des eaux dont les températures sont inférieures de 5 à 8 °C aux températures courantes sous les mêmes latitudes, l’air maritime se refroidit et se condense facilement; dans le même temps, la subsidence de l’air en altitude, liée au «couvercle» de l’anticyclone de l’île de Pâques, bloque les possibilités d’ascendance, donc les précipitations. Le désert d’Atacama est ainsi l’un des plus arides au monde.

Température et salinité des eaux de surface

Pratiquement isolé de l’océan Arctique, le Pacifique est un peu plus chaud que l’Atlantique. En été, la température des eaux atteint 29 °C dans certaines mers bordières de l’Asie du Sud-Est. Ce sont les mers tempérées des rivages asiatiques qui enregistrent la plus forte amplitude thermique entre l’hiver et l’été: en hiver, la mer gèle durant quelques semaines près des côtes d’Hokkaido; à la fin de l’été, en raison de l’afflux d’eaux tropicales poussées par le flux de mousson, la température des eaux de surface peut atteindre 20 °C au même endroit. Les taux de salinité les plus faibles sont enregistrés dans les régions de hautes latitudes (faible évaporation) et dans les zones équatoriales (fortes précipitations). À latitude semblable, la salinité des eaux pacifiques est inférieure de 1 à 2 à celle de l’Atlantique, phénomène essentiellement lié à l’absence de pénétration d’eau salée extérieure. Les mers bordières du Sud-Est asiatique enregistrent des taux de salinité assez moyens pour des régions tropicales (autour de 34 ).

Polynésie - Carte océan pacifique
Polynésie – Carte océan pacifique

Histoire de l’océan pacifique

Le Pacifique a été le théâtre d’importantes migrations humaines dès le Ier millénaire av. J.-C.: les Polynésiens, probablement originaires de l’Asie du Sud-Est, ont atteint Tahiti au début de notre ère, Hawaii et la Nouvelle-Zélande il y a un millénaire. L’océan a été repéré par les Européens au XVIe siècle, tout d’abord par l’Espagnol Vasco Núñez de Balboa (1513) et le Portugais Fernand de Magellan (1519-1522), lors de la circumnavigation que le navigateur entreprit pour le compte de Charles Quint. Au XVIIe siècle, les Hollandais supplantent les Espagnols. La Compagnie hollandaise des Indes orientales, créée en 1602, poursuit les voyages d’exploration: tour de l’Australie, reconnaissance de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande. Son action aboutit à l’expulsion des Portugais de Malacca, des Anglais d’Amboine, et à l’établissement de relations commerciales avec les Japonais. Au XVIIIe siècle, l’exploration et la cartographie du Pacifique grâce aux expéditions des Russes en Alaska, des Français en Polynésie et des Britanniques dans le Pacifique Sud et à Hawaii sont pratiquement achevées.

Au XIXe siècle, des scientifiques participent aux grandes expéditions: c’est ainsi que Darwin, embarqué à bord du Beagle, expose sa théorie sur la formation des atolls. La montée des impérialismes conduit à l’occupation des îles du Pacifique par les puissances occidentales. Les Français prennent pied en 1853 en Nouvelle-Calédonie, île découverte par le Britannique James Cook en 1774. Au XXe siècle, le Japon, qui s’est déjà opposé à la Chine (1894-1895) et à la Russie (1905), livrera la guerre du Pacifique contre les États-Unis, la plus importante bataille navale de l’histoire: déclenchée par l’attaque japonaise de Pearl Harbor (1941), la riposte américaine a exigé des moyens colossaux en armement et l’utilisation des deux bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945).

Maîtrisé bien après celui de l’Atlantique, l’espace océanique pacifique constitue un champ d’influences complexe où se mêlent les intérêts de diverses puissances. Les États-Unis, notamment grâce à la possession d’Hawaii, sont, depuis la Seconde Guerre mondiale, la puissance dominante; Washington possède aussi des territoires secondaires (Micronésie, Marshall…) et des bases militaires (Pearl Harbor, Wake, Okinawa…). De leur côté, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les deux grandes puissances du Pacifique Sud, ont remis en cause la présence française en Océanie, laquelle s’est livrée à des essais nucléaires jusqu’en 1996.

Les courants du Pacifique nord
Les courants du Pacifique nord

Océan pacifique et économie

La pêche dans l’océan pacifique

Le Pacifique est le premier océan pour l’importance de ses prises halieutiques (deux tiers du tonnage maritime mondial). Le tiers des captures mondiales est effectué dans le Pacifique Nord, un sixième dans le Pacifique Sud (où les prises ont augmenté de 50 % au cours des années 1980) et un dixième dans la partie centrale de l’océan. Quelques pays, dont certains enregistrent certes d’importantes captures continentales, réalisent des tonnages impressionnants: 19,5 millions de tonnes pour la Chine (1er rang mondial avec, il est vrai, une très forte production aquacole), 7,3 pour le Japon, 3,4 pour la Russie, 11,5 pour le Pérou, 6 pour le Chili, 5,9 pour les États-Unis. Abondant le long des côtes sud-américaines en période d’upwelling, l’anchois, la principale espèce débarquée, sert à la fabrication de farine. Les autres secteurs à riche potentiel halieutique sont les plates-formes continentales du Pacifique Nord, spécialement de la mer d’Okhotsk au golfe d’Alaska (crabe, morue, saumon) et en mer de Chine (crevette).

L’exploitation des ressources minérales

Le Pacifique a été reconnu comme l’océan le plus riche en nodules polymétalliques, petits minéraux apparaissant en forte quantité dans les bassins situés entre les Mariannes, Hawaii et le Mexique. Mais leur exploitation pose des problèmes techniques et financiers. Seules les ressources des plateaux continentaux sont en fait exploitées. Sables et graviers sont dragués ou pompés pour la fourniture de granulats en Extrême-Orient, surtout au Japon (pour répondre aux besoins du bâtiment et permettre le remblaiement des polders industrialo-portuaires). L’or est activement exploité au large de l’Alaska. L’exploitation des hydrocarbures offshore, qui remonte à la fin du siècle dernier au large de Santa Barbara (Californie), est très faible; les rares secteurs de production sont localisés non loin de Los Angeles, de Kalimantan, et dans le détroit de Bass, entre l’Australie et la Tasmanie.

Les courants d’échange

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le trafic maritime est resté modéré. Depuis, il s’est considérablement accru et s’organise en premier lieu à partir et à destination du Japon. Les ports japonais forment le premier ensemble portuaire au monde: les dix premiers ports nippons totalisaient un trafic de 1,2 milliard de tonnes en 1994. L’essor des nouveaux pays industriels de l’Asie orientale a également dynamisé les relations océaniques, qui sont en outre amplifiées par l’ouverture du grand marché chinois. Les principaux axes d’échange relient le Japon au Moyen-Orient puis à l’Europe par les détroits des îles de la Sonde et l’océan Indien, et le Japon aux États-Unis via Hawaii, voire le canal de Panamá. Des courants commerciaux secondaires, mais en forte croissance, unissent les ports nippons à l’Amérique du Sud, ainsi que l’Australie aux États-Unis et au Japon.

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