Région Franche-Comté
Région Franche-Comté

Région de Franche Comté

Tombée en 534 aux mains des Francs, la Burgondie, actuelle région de Franche Comté, tantôt rattachée au royaume d’Austrasie, tantôt formant un duché ou un royaume indépendant, fut dès lors mêlée à l’histoire générale de la France.

Franche Comté paysage
Franche Comté paysage

Histoire de la Franche Comté

Au VIIIe siècle, les Sarrasins dévastèrent la Franche Comté, mais ils furent écrasés en 732 par Charles Martel et, bientôt, l’ancienne Séquanaise fit partie de l’empire carolingien; après la mort de Charlemagne, les luttes pour l’hégémonie recommencèrent jusqu’à ce que, en 843, le traité de Verdun attribuât à Lothaire toute la région comprise entre le Rhin, la Saône et le Rhône. Ce fut l’origine des prétentions du Saint-Empire sur ces territoires d’origine gauloise et de langue latine.

En 870, Charles le Chauve s’empara de toute la Séquanaise, héritage de Louis II le Bègue. En octobre 879, les évêques de la Burgondie, réunis à Mantaille (Drôme), proclamèrent Boson roi de toute la région allant de la Saône à la Méditerranée, et des Alpes au Rhône; ce royaume porta tour à tour le nom de royaume de Provence et de royaume de Bourgogne. Sa possession fut à l’origine de luttes qui ensanglantèrent la région jusqu’en 1038.

La «Comté», terre d’Empire

Rodolphe III le Fainéant, dernier roi de Bourgogne (993-1032), légua à sa mort son royaume à l’empereur Conrad II le Salique qui, à la diète de Soleure (1038), le rattacha à l’Empire. Ce fut alors que se constitua tout à fait la comté de Bourgogne, désignée plus tard sous le nom de Franche-Comté (ou Comté), dont furent séparées les seigneuries de Montbéliard et le principat de Besançon, laissés aux archevêques.

En 1148, Frédéric Ier Barberousse épousa Béatrix, héritière du comte Renaud II, et Dole, dont il agrandit le château, devint l’une de ses résidences favorites, à défaut de Besançon. Un des fils de Barberousse, Otton, qui eut l’héritage de sa mère, prit le titre de comte palatin de Bourgogne (1169). Après la mort de Frédéric à la croisade (1190), d’héritier en héritier, la comté de Bourgogne passa au XIIIe siècle de la maison des comtes palatins aux maisons de Méranie (1208) et de Chalon (1248). Elle fut réunie un moment à la couronne de France (1316) par le mariage de Jeanne de Bourgogne, fille du comte Otton IV, avec Philippe, comte de Poitiers, devenu en 1317 le roi de France Philippe V le Long; mais, à la mort de celui-ci en 1322, sa veuve laissa la Comté à sa fille Jeanne, qui épousa Eudes IV, duc de Bourgogne : les deux Bourgognes, duché et comté, se trouvèrent ainsi réunies. Mais l’aristocratie comtoise se souleva contre Eudes et fit appel aux Anglais, qui ravagèrent le pays.

Le petit-fils et héritier d’Eudes, Philippe de Rouvre, étant mort sans postérité en 1361, les États de ce prince furent démembrés : tandis que le duché de Bourgogne revenait à la couronne de France, la Comté échut à la grand-tante du défunt, Marguerite de Flandre, fille de Jeanne de Bourgogne et de Philippe V. Ce fut sous le règne de cette princesse que parut pour la première fois dans un acte officiel le nom de Franche-Comté (traité du 27 juin 1366 entre Marguerite et le comte Henri de Montbéliard).

Après la mort de son fils Louis de Male, comte de Flandre, la Comté passa à sa petite-fille, Marguerite, qui avait épousé Philippe II le Hardi (1384). Ce prince, quatrième fils du roi de France Jean le Bon, avait reçu en apanage le duché de Bourgogne en 1363. De nouveau comté et duché de Bourgogne se trouvèrent donc réunis sous la seconde maison ducale de Bourgogne, celle des Valois, de 1384 à 1477.

Philippe le Hardi, duc et comte de Bourgogne, réorganisa en 1394 le parlement de la Comté et l’installa à Dole. Son fils, le comte de Nevers, au cours d’une expédition française contre le sultan Bayazid Ier, fut fait prisonnier à la bataille de Nicopolis, qui fut une déroute pour les croisés : Henri de Montfaucon, unique héritier du comte de Montbéliard, et le vieil amiral Jean de Vienne y périrent (1396). Le comte de Nevers, devenu comte-duc de Bourgogne et connu sous le nom de Jean sans Peur, soutint la commune de Besançon pour amoindrir la puissance temporelle des princes-archevêques. Son fils, Philippe le Bon, établit à Dole une université (1422). Cette union des deux Bourgognes prit fin avec la mort du quatrième comte-duc, Charles le Téméraire, tué à la bataille de Nancy (1477).

La période autrichienne et espagnole

À la mort du Téméraire, Louis XI réclama le duché de Bourgogne comme fief masculin retournant de droit à la couronne à défaut d’héritier mâle. En même temps que le duché, il fit occuper militairement la Comté par le sire de Craon, puis par le sire d’Amboise. Cependant, Marie de Bourgogne, fille du Téméraire, avait épousé l’empereur Maximilien Ier. Prenant l’offensive en Franche-Comté, Charles d’Amboise s’empara de Dole en 1479, et incendia la ville. Entraîné par son amour pour Louise de Savoie, nièce du roi, Hugues de Chalon-Arlay livra Salins, Arbois et Poligny; Besançon se confia à la garde de Louis XI. En 1484, les états de la Franche-Comté reconnurent comme suzerain Charles VIII qui venait de succéder à son père et qui était fiancé à Marguerite d’Autriche, fille de Marie de Bourgogne et de Maximilien.

Mais Charles VIII ayant finalement épousé Anne de Bretagne, les Comtois s’insurgèrent et, après une victoire remportée à Dournon, près de Salins, sur le gouverneur français Jean de Baudricourt, le soulèvement fut général. Bientôt le traité de Senlis (23 mai 1493) rendit la Franche-Comté aux héritiers de Marie de Bourgogne.

Maximilien, père et tuteur des petits-enfants de Charles le Téméraire, gouverna la Franche-Comté jusqu’à la majorité de son fils Philippe le Beau. Ce jeune prince, qui parut à peine dans le pays, épousa Jeanne, héritière des Espagnes, et mourut en 1506, laissant pour lui succéder un enfant de cinq ans qui devait devenir Charles Quint. Maximilien, tuteur de cet enfant, institua sa fille Marguerite souveraine viagère de Franche-Comté et gouvernante des Pays-Bas pendant la minorité du jeune Charles. Marguerite avait épousé en 1501 le duc de Savoie, Philibert le Beau, qui mourut prématurément en 1504 (c’est alors qu’elle décida de faire construire l’église de Brou pour abriter le tombeau de son époux).

Sous le sage gouvernement de cette princesse, la Franche-Comté s’administra par elle-même : le pouvoir y appartenait en commun au gouverneur militaire, Guillaume de Vergy, au parlement de Dole qui avait à sa tête Mercurin de Gatinara, et aux états de la province. En 1512, Mercurin de Gatinara, devenu cardinal, négocia avec la France un traité, renouvelé en 1522 et garanti par les Suisses, qui neutralisait la Franche-Comté en temps de guerre. Ce traité évita à la Franche-Comté les malheurs de la guerre entre François Ier et Charles Quint. Après la mort de Marguerite à Malines (1530), Charles Quint confirma les franchises, libertés et privilèges de la comté de Bourgogne, et maintint le mode de gouvernement. Après la mort de Charles Quint (1558), la Comté passa à la branche espagnole de la maison d’Autriche et lui resta jusqu’en 1674.

Sous la domination espagnole, la Franche-Comté vit se développer sa prospérité, ses institutions et ses franchises, jouissant en fait d’une large autonomie. Des familles comtoises, notamment les Granvelle et les Carondelet, rendirent, pendant les dernières années du XVe siècle, les plus grands services aux empereurs Maximilien et Charles Quint, et surent user de leur influence au profit de leur pays natal. Il fallut toute l’habileté d’Antoine Perrenot de Granvelle, garde des sceaux de Charles Quint, pour que Besançon restât fidèle au catholicisme, alors que le pays de Montbéliard, sous l’impulsion de Farel, adoptait la religion réformée.

Jusqu’en 1595, la neutralité de la Franche-Comté fut respectée, mais Henri IV, voulant en finir avec le duc de Mayenne qui tenait le duché de Bourgogne et se ravitaillait dans la Comté, la fit envahir par Louis de Beauveau-Tremblecourt et plusieurs milliers d’hommes. Tremblecourt ayant dû reculer devant l’armée plus nombreuse du connétable de Castille, Henri IV accourut aussitôt, battit Mayenne à Fontaine-Française (5 juin 1595), et se jeta sur la Franche-Comté avec une forte armée, rançonnant les places, saccageant les petites villes et détruisant les châteaux forts; au cours de cette campagne, le maréchal de Biron se signala par sa cruauté. Après cette incursion dévastatrice, Henri IV se retira et consentit au rétablissement du pacte de neutralité. Bien qu’avantageuse pour le roi de France, la paix de Vervins (1598) conclue avec l’Espagne ne modifia en rien le statut de la Franche-Comté, qui resta sous la domination espagnole.

La guerre de Trente Ans

En 1631, la Franche-Comté ayant successivement donné asile à Gaston d’Orléans et à Charles IV de Lorraine, Richelieu estima que la neutralité était rompue, et la Franche-Comté fut entraînée dans la tourmente des opérations militaires de la guerre de Trente Ans. En 1635, Richelieu s’apprêtant à l’envahir, la Franche-Comté entière, sans distinction de classe, se dressa sur la défensive. Le 29 mai 1636, le prince de Condé mit le siège devant Dole, mais la défense de la ville fut héroïque et, le 14 août, après deux mois de siège, menacé par une armée de secours des Impériaux, Condé dut battre en retraite.

Cependant, tout le reste du pays fut saccagé par les Suédois de Bernard de Saxe-Weimar, allié de la France. À l’exception des quatre principales places fortes de la Comté, Besançon, Salins, Gray et Dole, presque toutes les villes furent prises, incendiées et pillées, malgré l’héroïsme de Lacuzon et de Jean Varroz, légendaires défenseurs de l’indépendance comtoise. En peu de temps, les populations furent réduites à la misère par les ravages et les contributions de guerre, et décimées par une épidémie de peste. Saxe-Weimar mort (1639), Richelieu le remplaça par le marquis de Villeroy. Enfin, en 1642, Mazarin, en arrivant au pouvoir, se décida à renoncer à la Comté et, comme Henri IV l’avait fait précédemment, lui restitua le bénéfice de la neutralité.

La Franche Comté et la conquête française

Les traités de Westphalie (1648) ne firent que confirmer sur ce point le traité déjà intervenu. Mais, dès 1665, à la mort du roi Philippe IV d’Espagne, Louis XIV réclama la Franche-Comté et les Pays-Bas, au nom de sa femme Marie-Thérèse, fille du premier lit de Philippe IV. Les états, réunis à Dole en janvier 1666, prêtèrent serment au nouveau roi d’Espagne, Charles II, mais l’état d’esprit du pays n’était plus le même, et la cause française avait gagné du terrain. Aussi, le 4 février 1668, Condé étant entré en Franche-Comté, Dole et Salins ouvrirent leurs portes après une courte résistance, et Besançon se rendit à la sommation; en quinze jours, le pays avait été soumis. Mais, trois mois plus tard, le traité d’Aix-la-Chapelle, mettant fin à la guerre de Dévolution, rendit la Franche-Comté à l’Espagne.

En 1674, la guerre étant de nouveau déclarée entre la France et l’Espagne, le duc de Navailles envahit la Franche-Comté. Devant l’énergique résistance rencontrée, Louis XIV lui-même dut venir mettre le siège devant Besançon, et le pays ne se soumit qu’après une très sérieuse campagne de six mois.

En 1678, les traités de Nimègue donnèrent la Comté à la France, et un arc de triomphe, la porte Saint-Martin, à Paris, put être élevé à la gloire du Roi-Soleil, en mémoire de cette conquête.

Fortifiée par Vauban, Besançon devint la capitale de la province; le parlement et l’université de Dole y furent transférés, le premier en 1676, la seconde en 1691. Le comté de Montbéliard reconnut la suzeraineté de la France. La Bresse, le Bugey et le pays de Gex ayant déjà été cédés à la France par le duc de Savoie en vertu du traité de Lyon (1601), toute la contrée française du Jura, se trouvait ainsi réunie à la couronne de France.

À la Révolution, accueillie avec enthousiasme, la Franche-Comté fut divisée en trois départements : Haute-Saône, Doubs et Jura, correspondant à peu de chose près aux trois anciens bailliages d’Amont (chef-lieu Vesoul), du Milieu (chef-lieu Besançon) et d’Aval (chef-lieu Lons-le-Saunier). Le pays de Montbéliard ne fut réuni à la France qu’en 1793 et rattaché au département du Doubs.

En 1814, Besançon soutint un blocus de trois mois, et les volontaires du Bugey et de Franche-Comté ralentirent plus d’une fois la marche des Alliés.

Durant la guerre de 1870-1871, les Allemands occupèrent la Haute-Saône; après les combats de Villersexel et d’Héricourt, ils envahirent le nord du Jura, s’emparèrent de Dole qui, privée de moyens de défense, ne résista que quelques heures, puis cherchèrent à couper la ligne de retraite de l’armée de l’Est. L’artillerie des forts de Salins, de Joux et du Larmont protégea la retraite et 85 000 Français, exténués, purent pénétrer en Suisse où ils furent internés.

La Seconde Guerre mondiale

En juin 1940, la Franche-Comté fut rapidement envahie par les Allemands, presque sans combats. Venant de Vesoul, les troupes du IIIe Reich arrivèrent à Besançon le 17 juin, puis se rabattant rapidement vers l’est, atteignirent la frontière suisse le 18, dans la région du Russey, coupant ainsi la retraite des forces françaises d’Alsace qui tentaient de gagner le Midi en longeant la frontière.

Durant l’occupation, la région de Franche-Comté fut une des contrées d’élection de la Résistance. À partir du 6 juin 1944, et du débarquement des forces alliées en Normandie, l’action de la Résistance entra dans une phase militaire active. Les maquis, organisés dans les montagnes, attaquèrent et harcelèrent les convois ennemis. Les maquisards, renforcés de nouvelles recrues, s’attaquèrent même aux camps allemands de Marsonnas et de Mantenay-Montlin, dans l’Ain, et l’action des patriotes prit l’aspect d’une véritable insurrection. C’est ainsi que toute une zone du département de l’Ain, située entre le Revermont, le pays de Gex et la cluse des Hôpitaux, s’érigea en IVe République du 6 juin au 13 juillet; les Allemands durent envoyer pour reprendre cette région l’effectif d’une division.

De même, dans le Doubs, le Groupe Doubs-Nord entra en action dès le 8 juin sur le plateau de Maiche et, en moins de deux mois, libéra par ses seuls moyens tout le territoire entre le Doubs et le Dessoubre. Dans la même région, la montagne du Lomont fut solidement tenue, à partir du 15 août, par les FFI qui résistèrent à toutes les attaques allemandes jusqu’à l’arrivée de l’armée de Lattre de Tassigny, le 6 septembre.

Dans les derniers jours d’août et les premiers jours de septembre 1944, toute la région montagneuse de la Franche-Comté avait été libérée par les FFI dès avant l’arrivée de la 7e armée américaine à laquelle était incorporée l’armée de Lattre.

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