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Alpes françaises
Alpes françaises

Les Alpes françaises

Malgré le massacre des bétonnières et des planteurs de pylônes, les Alpes françaises continuent de culminer par-dessus les petits soucis de notre quotidien.

En France, dans les Alpes, la nature y déploie son charme, déchaînant la sauvagerie des aiguilles, des chaos et des éboulis pour mieux s’apaiser dans les alpages immaculés et les neiges éternelles.

Les Alpes du Nord
Les Alpes du Nord

Les Alpes : terre des hommes

Sur ces abrupts, aux couleurs du Grand Nord, dans les alpes françaises, la vie se lit en vertical, au fil de balcons successifs surplombant des abîmes où l’homme, qui s’échine sur ses prés pentus, reste en contact avec la vie sauvage. La mystique des cimes, l’amour de l’oxygène se vivent aussi l’hiver avec les sports de glisse, où l’effort ne se vit plus dans l’ascension, mais dans la descente souvent sublime.

Les Alpes du Nord tiennent sur quatre départements. Autant dire une simple boule de papier froissé, mais qui, une fois dépliée, pourrait aisément doubler sa surface et former une région à elle seule, sans plus être cannibalisée par Lyon. En attendant, personne n’a envie d’obéir au capitaine Haddock, qui suggérait d’aplatir les montagnes : les Alpes françaises possèdent le toit de l’Europe – le mythique Mont-Blanc –, et quelques autres massifs de première force (les Écrins…) ou de grande beauté (les Aravis, la Vanoise…). De quoi les consoler de n’avoir pu, au contraire de la Suisse ou de l’Autriche, développer – par l’art, l’architecture ou les coutumes – une vraie civilisation montagnarde.

Les quatre départements principaux qui compposent les alpes françaises sont :

ISÈRE

– Superficie : 7 431 km 2
– Population : 1 million d’habitants
– Préfecture : Grenoble
– Sous-préfectures : La Tour-du-Pin et Vienne
– Nombre de communes : 533 communes et 58 cantons
– Point culminant : la barre des Ecrins (4 102 m, à la frontière de l’Isère et des Hautes-Alpes)

SAVOIE

– Superficie : 6 036 km 2
– Population : 348 312 hab.
– Préfecture : Chambéry
– Sous-préfectures : Albertville (18 121 habitants), Saint-Jean-de-Maurienne (9 830 habitants).
– Nombre de communes : 305 pour 37 cantons
– Point culminant : La Grande Casse (3 852 m)

HAUTE SAVOIE

– Superficie : 4 838 km 2
– Population : 638 100 habitants
– Préfecture : Annecy (51 143 habitants)
– Sous-préfectures : Bonneville, Saint-Julien-en-Genevois, Thonon-les-Bains.
– Nombre de communes : 292 pour 28 cantons.
Point culminant : le Mont-Blanc (4 808 m).

HAUTES ALPES

– Superficie : 5 549 km 2
– Population : 117 000 hab. (les Hauts-Alpins)
– Villes principales : Gap, préfecture ; Briançon, sous-préfecture ; Embrun.
– Altitude : de 430 m dans le Buëch à 4 102 m (barre des Ecrins).
– Signes particuliers : plus de 300 jours d’ensoleillement par an sur la moitié du sud du département : commune la plus haute d’Europe (Saint-Véran, 2 040 m) et ville la plus haute de France (Briançon, 1 326 m).

Cette chaîne de montagnes, qui sépare l’Europe du Nord de celle du Sud, est d’histoire récente. Il a fallu 72 millions d’années pour séparer l’Europe de l’Afrique en ouvrant la Méditerranée. Il y a 110 millions d’années, pourtant, l’Afrique revient pousser le sud de l’Europe : un arc de montagnes bourrelle bientôt le Vieux Continent.

Axé nord-sud près de son point d’impact (Alpes du Sud), puis est-ouest dans sa longueur (Europe centrale), cet arc, ici saisi dans son coude, adopte l’orientation sud-ouest/nord-est. Dans ce mur, les glaciers du quaternaire ont pris plaisir à creuser de larges gouttières (vallées de l’Arve, de l’Isère, de l’Arc…) et des lacs (Léman, le Bourget, Annecy…), pour l’épanouissement de l’ homo sapiens .

L’union de deux provinces trop longtemps rivales, la Savoie de Chambéry et le Dauphiné de Grenoble, a rendu sa cohérence à l’arc alpin, qui se donne à lire verticalement autant qu’horizontalement. De 800 à 1 000 m, ce sont les vallées et les plateaux couverts de prés et de vergers. Jusqu’à 1 800 m, les prés alternent avec les forêts. Les arbres rabougrissent dans les 200 m suivants (rhododendrons, bruyères…), où débutent les pelouses des alpages.

Le massif du Mont-Blanc
Le massif du Mont-Blanc

Plus haut commence la haute montagne, avec son cortège d’éboulis, de chaos, de neiges et de glaciers. Aux amples vallées des massifs cristallins (Mont-Blanc, Belledonne…) s’opposent les précipices et les falaises inaccessibles des massifs calcaires (Chablais, Chartreuse, Vercors…), qui culminent péniblement à 3 000 m. Malgré leur allure sauvage et leur altitude, les Aravis ne sont ainsi que des Préalpes, de même que la Chartreuse forestière, ou les Bauges, perchés par-dessus les lacs d’Annecy et du Bourget. Au sud, la Vanoise des glaciers et des dents rocheuses – encadrée par deux vallées majeures, la Maurienne et la Tarentaise – donne la réplique aux Écrins, dont le charivari affûté offre sans doute l’un des plus beaux spectacles de la chaîne.

Reliées par le sillon alpin, des microrégions – chacune jalouse de ses particularismes – s’étagent du nord au sud. Les collines du Genevois, au bord du Léman, s’adossent au aimables montagnettes du Chablais – région d’Avoriaz, de Morzine et du Val d’Abondance. Plus au sud, de petites industries, telle l’horlogerie à Cluses, se sont développées dans la grandiose vallée de l’Arve, qui conduit le Faucigny jusqu’au Mont-Blanc.

Au sud-ouest, la Savoie proprement dite agence de grands massifs (Belledonne, les Bauges…) autour de la cluse de Savoie, ce couloir plat qui relie Genève à Grenoble en égrenant les principales villes régionales :

  • Annemasse, dont les frontaliers travaillent souvent à Genève
  • Annecy la bourgeoise, dont les ouvriers fabriquent des machines à tisser et des briquets Dupont
  • Chambéry l’aristocrate, mémoire des montagnes, ville universitaire dynamisée par ses PME, et qui commande l’accès à la cluse d’Albertville.

À l’est, bornés par la vallée de Tarentaise et celle, plus industrielle (centrales hydroélectriques, aluminium…), de Maurienne, les massifs de la Vanoise et du Beaufortain déroulent de hauts pâturages d’où l’exquis beaufort est issu.

Ces hauteurs persistent mal plus à l’ouest, malgré les 3 227 m des Grandes Rousses : le département de l’Isère – qui n’est autre que l’ancien Dauphiné – est le royaume des Préalpes, aussi pures et dures que modestes dans leur altitude (Chartreuse, Vercors…). Elles dominent ce qui n’a cessé d’être la capitale industrielle de la région, Grenoble, ville ouvrière (gants, chimie, métallurgie…) de gauche, et qui saura sans doute, via la recherche scientifique et les industries de pointe, aborder sereinement le nouveau millénaire.

Alpes françaises - Ski
Alpes françaises – Ski

Végétation, faune, flore et Parcs des Alpes françaises

La végétation dans les Alpes françaises dépend de plusieurs facteurs : l’altitude, l’exposition, le climat et la nature du sol. Généralement les cultures grimpent jusqu’à 1 500 m. Au-dessus, les conifères sont rois. Les alpages (voir photo sapin neige) prennent ensuite le relais de 1 800 à 2 500 m. À partir de 2 800 m les rochers sont dénudés, laissant juste quelques lichens s’accrocher.

LES ARBRES

  • Le sapin : il est très présent jusqu’à 1 500 m, puis se fait plus rare.
  • L’épicéa : on le trouve jusqu’à 2 200 m. Il aime être exposé au froid.
  • Le pin sylvestre : on le trouve plutôt dans les Alpes du Sud et pas au-delà de 2 000 m.
  • Le mélèze : il est apprécié et protégé car la chute de ses aiguilles en hiver permet à la lumière de passer et favorise ainsi la pousse des pâturages.

Dans les Alpes du Nord, c’est le royaume du hêtre ; dans les Alpes du Sud, celui du chêne pubescent, des landes de genêts et de buis .

LA FLORE

La flore de haute montagne constitue un jardin unique en France par sa variété : 52 espèces d’orchidées en Chartreuse, 1 750 plantes dans les Écrins, soit le tiers de la flore hexagonale…
L’edelweiss représente le symbole de la flore alpine. Il ressemble à une étoile très blanche au milieu de laquelle de petites fleurs sont blotties. Il apprécie le gazon ensoleillé, les failles des rochers et l’altitude (jusqu’à 3 400 m).

Edelweiss
Edelweiss

Vous trouverez au cours de vos pérégrinations la Gentiane, la soldanelle des Alpes, la lavanderie vraie, l’arnica, le lis martagon, le rhododendron ferrugineux et bien d’autres encore…

LA FAUNE

Sur les pistes, pas beaucoup de chance de rencontrer un chamois. Le randonneur ou le skieur de fond aura certainement plus de chance. Il y a quelques années, la faune alpine semblait en perdition. Depuis la création des réserves et des parcs, la menace semble s’enrayer. Mais hors des parcs naturels où elle est véritablement protégée, elle voit régulièrement son espace vital réduit et son espace sonore perturbé. Le passage d’avions à basse altitude et le transport de skieurs en hélicoptère ne sont pas très appréciés par nos amis à plumes et à poils.

  • Le chamois : ses petites cornes recourbées le rendent facilement reconnaissable. Très agile et rapide, il est à l’aise dans les passages difficiles et sur les rochers peu accessibles. Il se déplace souvent en harde, se nourrit d’herbage l’été et d’écorces d’arbre l’hiver.
  • Le bouquetin : le bouquetin était menacé de disparition. Le roi Victor-Emmanuel, en créant la réserve du Grand Paradis, sauva l’espèce. Les actions de protection qui suivirent ont éloigné le danger.
  • Et aussi : le lynx , le lièvre variable , la marmotte , l’aigle royal .

LES PARCS NATIONAUX

Ils ont été créés pour de vastes espaces naturels particulièrement riches sur le plan de la géologie, de la flore et de la faune. À cet impératif s’ajoute un autre objectif : le développement d’un tourisme lié à la connaissance de la nature. les parcs nationaux des alpes françaises se composent d’un grand territoire inhabité, réserve naturelle où il est strictement interdit de perturber faune et flore, et de zones habitées par l’homme, qui font l’objet d’une surveillance très stricte en matière d’environnement et d’une mise en relief culturelle toute particulière.

Le territoire alpin englobe trois des six parcs nationaux :

  • La Vanoise, en Savoie : premier parc national français, avec 53 000 ha, jouxtant le parc italien du Grand Paradis, et s’étageant de 1 200 à 3 855 m.
  • Les Écrins : le plus grand parc français, avec 98 000 ha dont un tiers en Isère et le reste dans les Hautes-Alpes et de nombreux sommets dépassant les 3 000 et 4 000 m.

Les parcs régionaux, quant à eux sont de vastes zones habitées par l’homme. Ils ont été créés pour protéger un environnement, mais aussi pour développer les activités locales et initier les touristes à la nature.

On compte trois parcs régionaux dans les Alpes françaises :

  • Le parc naturel régional du Vercors, qui regroupe sur l’Isère et la Drôme 62 communes, environ 150 000 ha dont 16 000 en réserve naturelle.
  • Le parc naturel régional du Queyras, avec 65 000 ha sur une dizaine de communes des Hautes-Alpes ; réserve naturelle du Val d’Escreins, et prolongement sur l’Italie.
  • Le parc naturel régional de la Chartreuse : Il regroupe, sur l’Isère et la Savoie, 63 communes sur 86 000 ha.
  • Le parc naturel régional des Bauges : le petit dernier. Sur une superficie de 80 000 ha, il regroupe 58 communes, entre la Savoie et la Haute-Savoie, et abrite une réserve nationale de chasse de 5 400 ha.
Le chalet savoyard - Tradition
Le chalet savoyard – Tradition

Culture et tradition dans les Alpes

LA LANGUE SAVOYARDE

Les montagnards sont fiers de leur idiome « savoisien »– savoyard, qui rime avec tête de lard, est devenu politiquement incorrect –, un rameau bien à part du français, distinct des langues d’oïl et d’oc. Le visiteur n’en retiendra qu’un accent traînant, presque suisse, et l’altération de certaines finales. Ainsi, Chamonix – qui se prononce Chamoni – ne rime pas avec Astérix. La Clusaz est dite La Cluz. Et l’écrivain Jean Echenoz s’appelle Echeno.

L’HIVER ET LA MONTAGNE

Molleton de chaume sous un capuchon d’ardoises hermétique, murs lattés de tavaillons, bois et grains rangés sous les escaliers… La configuration du chalet savoyard, blotti entre les arbres ou dans la pente, donne une idée des rigueurs de l’hiver, quand l’étable réchauffait les pièces d’habitation. Durant de longs mois, les villageois circulaient en luge dans les rues déneigées à grand-peine et les montagnes, seulement franchies par quelques colporteurs (le seul lien des vallées avec l’extérieur), dormaient tranquille. En cas de maladie, les décoctions de simples tenaient lieu de docteur. Et les enfants, que les intempéries privaient souvent d’école, avaient fort à faire pour échapper au sobriquet de  » crétin des Alpes « .

Autant que les chasse-neige à chenilles, l’arrivée du ski rendit à l’homme le grand désert blanc.

Soudain monté sur planches, le paysan retrouvait la familiarité de la montagne. Et devint riche. Avec l’afflux des premiers skieurs, ses pentes ingrates se vendaient au prix de l’or.

Cette activité, qui génère aujourd’hui quelque 40 % des ressources, a produit bien des monstres (les grandes stations « intégrées « , type La Plagne), mais aussi des bourgs pimpants (Samoëns), de l’architecture contemporaine intelligente (Avoriaz) et de faux-vrais villages (Valmorel)… La mode étant aujourd’hui aux gîtes ruraux, qui combinent le repos du skieur à l’immersion dans la vie savoyarde.

Voyage dans les Iles - Europe
Carte du relief des Alpes
Carte du relief des Alpes
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