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Ville de Montmaurin

Commune de la Haute-Garonne, Montmaurin se trouve sur une crête des coteaux de Gascogne, à 380 m d’altitude; 198 habitants [1999] (Montmaurinois). Montmaurin est avant tout un haut lieu archéologique, notamment grâce à sa vaste villa gallo-romaine, très bien conservée.

Le site de Montmaurin dans l’histoire

Gisements et grottes préhistoriques (Paléolithique) s’égrènent le long de la Save et de la Seygouade. Des camps retranchés de l’âge du fer ont été découverts à proximité du village. Mais c’est la civilisation gallo-romaine qui a fait la renommée de Montmaurin.

Au croisement de deux routes importantes (vieux chemin Toulouse-Espagne par la vallée d’Aure, voie Agen – Saint-Bertrand), le petit bassin de la Save offrait un terroir utilisable de près de 7 000 hectares, entouré de bois, réunissant les conditions rêvées pour installer un grand domaine agricole.

Une première villa rustica s’implanta au Ier siècle sous l’impulsion d’un riche Romain, un certain Nepotianus, dont le nom serait à l’origine de Nébouzan. De superficie importante, l’exploitation, groupant de nombreux bâtiments rustiques autour de la résidence centrale, resta prospère jusqu’à une inondation dévastatrice de la Save, sujette à de violentes crues une fois par siècle. Au IVe siècle, l’exploitation reprit sur une grande échelle par des bâtiments agricoles dispersés (les «tenures» qu’évoque Camille Jullian, le grand historien de la Gaule romaine).

L’édifice central devint alors une maison de maître. Embelli de portiques, de jardins, de thermes, d’un nymphée, muni d’un chauffage souterrain à l’air chaud, décoré de statues et de mosaïques, c’est un véritable palais résidentiel en marbre de Saint-Béat, d’une unité architecturale toute romaine. Richesse et somptuosité en font presque une villa urbaine, siège d’une vie raffinée et luxueuse (en témoignent les monceaux de coquilles d’huître retrouvées sur place). Des incendies ont détruit ce bel édifice, abandonné dès le Ve siècle.

Depuis 1946, des campagnes de fouilles ont permis de dégager de nombreux vestiges. Hauts murs, colonnes, mosaïques, escaliers, placages de marbre sont encore en place.