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Le fleuve du Niger

Fleuve Niger

Pièce maîtresse de l’hydrographie ouest-africaine, le fleuve du Niger, l’est par sa longueur (4 200 km) et son bassin versant (plus de 2 millions de km2 s’étendant sur huit États), c’est le troisième fleuve du continent après le Nil et le Congo et le neuvième fleuve du monde.

Géographie du Niger

Né à 800 m d’altitude, à l’est des monts Loma, grossi du Tinkisso, qui lui apporte l’eau du Fouta-Djalon, le Niger coule dans une vallée tantôt étroite et encaissée, tantôt élargie dans de vastes cuvettes. Les plateaux mandingues sont sciés à l’aval de Bamako par les rapides de Sotuba, les grès durs sont franchis par des défilés (défilé de Tosaye, « W » incrusté dans les quartzites de l’Atakora), et le fleuve progresse péniblement ou s’enfonce profondément dans les roches cristallines (rapides entre Boussa et Jebba, au Nigeria, en partie submergés par le lac de barrage de Kainji). Inversement, le Niger s’épanouit en belles cuvettes alluviales, par exemple dans les grès tendres de Say et de Kolo.

La plus belle de ces cuvettes est formée par le delta intérieur, «Mésopotamie» nigérienne couvrant environ 40 000 km2 sur le territoire malien. Vaste aire d’épandage vers laquelle convergent le Niger et le Bani, la plaine du Macina, autour du lac Debo, est composée d’un inextricable réseau de bras et d’îlots submergés lors de la crue. Cet ancien delta quaternaire (le Niger, endoréique, achevait sa course au nord, dans la région d’Arouane, avant de former son actuelle boucle), est un vaste piège qui favorise l’évaporation et l’infiltration, et étale la crue du fleuve, ainsi retardée de 5 à 6 mois pour les pays situés en aval.

Le régime demeure assez simple, mais le décalage et les différences entre les crues sont considérables: le maximum survient en septembre à Koulikoro (Mali), en janvier seulement à Tombouctou, en février à Niamey, où la crue moyenne (1 700 m3/s) est très inférieure à celle de Bamako (8 000 à 10 000 m3/s). Au-delà du barrage de Kainji, au Nigeria, le fleuve reçoit le renfort de la Bénoué, son plus important affluent, qui lui apporte 20 000 à 30 000 m3/s lors des crues. Passé Lokoja, il achève majestueusement sa course et s’étale en un vaste delta maritime amphibie, aux vasières couvertes de mangroves, où les eaux gagnent l’Océan par de multiples bouches instables, les oil rivers, mais dont le peuplement demeure ténu, contrairement aux grands deltas asiatiques.

Image - Cartes - Photos : carte du Niger -