Les montagnes des appalaches
Les montagnes des appalaches

Les Appalaches

Ensemble de montagnes de l’est des États-Unis, les Appalaches s’étendent de la région du Saint-Laurent jusqu’à celle de l’Alabama; leur richesse en houille en a fait une des plus anciennes et des plus importantes régions industrielles des États-Unis. Vieilles montagnes de l’orogenèse hercynienne rajeunies au tertiaire, elles constituent un type d’évolution de relief plissé, le relief appalachien.

Géographie et climat des Appalaches

Les Appalaches ont été créés, entre 350 et 250 millions d’années, par le même phénomène tectonique que celui qui fut à l’origine, beaucoup plus tard, de la chaîne himalayenne : la collision de deux masses continentales, en l’occurrence la collision de l’Afrique et de l’Amérique du Nord. Les montagnes nées de cette collision mesuraient de 200 à 300 km de large et atteignaient 7 000 m de hauteur.

Longs aujourd’hui de 1 500 km environ et larges de 250 km en moyenne, les Appalaches forment une région complexe comprise entre la plaine côtière de l’Atlantique et les plaines centrales; le cours de l’Alabama les délimite au sud-ouest, tandis que le sillon du Mohawk les sépare des monts Adirondack au nord-est. Plissé puis fortement érodé à l’ère primaire, ce massif a connu au tertiaire une vigoureuse reprise de l’érosion fluviale, provoquée par un rehaussement. Par la suite, les glaciations quaternaires ont aggravé ce processus dans la partie septentrionale.

En effet, ménageant les affleurements de roches dures, le grès notamment, et s’attaquant plus tôt aux zones rocheuses moins résistantes comme les calcaires, les marnes ou l’argile, l’érosion a fait surgir des lignes de crêtes qui alternent avec des dépressions parallèles, orientées du nord-est au sud-ouest. De profondes vallées transversales les recoupent, qu’empruntèrent les pionniers dans leur marche vers l’Ouest; les routes et les voies ferrées passent par ces vallées.

Les trois régions appalachiennes

L’étude régionale fait apparaître trois zones distinctes.

À l’est s’étend le piémont appalachien, succession de collines inclinées vers l’Atlantique et s’achevant sur la plaine côtière par le brusque escarpement de la Fall Line, haut de 30 à 100 m; il est dominé vers l’intérieur par un véritable massif de roches cristallines dont les formes arrondies culminent à 2 037 m, au mont Mitchell, le plus haut sommet des Appalaches.

Le Centre est la région la plus typique: les crêtes étroites et les dépressions y alternent sur 130 km de large, recoupées par les vallées de la Delaware et du Tennessee; orientée suivant l’axe du massif, la Grande Vallée, creusée dans les calcaires et les schistes, en constitue l’accident majeur: elle a favorisé la progression des hommes, du nord-est vers le sud-ouest, à travers tout le massif.

À l’ouest, la zone des plateaux des Alleghanies et du Cumberland commence par une corniche vigoureuse, mais, au-delà, les couches presque horizontales de sédiments primaires, où affleurent de puissants gisements houillers, s’abaissent par degrés vers les plaines centrales.

Un étagement climatique

À ces distinctions régionales correspondent autant de nuances climatiques. L’abondance des précipitations et l’augmentation des températures vers le sud donnent au piémont des aptitudes agricoles variées. Aussi, fortement arrosée, mais de sol plus pauvre, la région centrale est le domaine de la forêt: jadis continue, elle a reculé sous la hache des défricheurs, au point que des opérations de reboisement se sont révélées indispensables.

À l’ouest, la zone des plateaux reçoit les perturbations nées au-dessus des plaines centrales; les prairies naturelles, associées à une polyculture de type intensif, s’accommodent parfaitement de ce régime. Cette montagne verte est un véritable château d’eau: de nombreux fleuves côtiers en descendent vers l’est; l’Alabama coule vers le sud, l’Ohio et ses nombreux affluents, dont le puissant Tennessee, vers l’ouest.

Un ancien bassin industriel

Difficiles à saisir dans leur complexité topographique et dans leur diversité climatique, les Appalaches le sont tout autant dans leurs activités industrielles, tournées vers l’extérieur. Fondée sur les plus grands bassins houillers des États-Unis, la sidérurgie anime Bethlehem et Pittsburgh depuis la seconde moitié du XIXe s, mais ces citadelles de l’acier sont, en fait, étroitement liées à la megalopolis du Nord-Est et aux Grands Lacs. La situation est comparable au sud, où les réalisations de la Tennessee Valley Authority (1933) ont plus contribué à la renaissance du Vieux Sud qu’à la résorption des îlots de pauvreté de la montagne.

En fait, tout se passe comme si le rejet des activités vers la périphérie, où se situent population et sources d’énergie, tendait à faire du cœur des Appalaches un immense parc où l’homme pourrait retrouver la pureté de la nature primitive.