Le Bugey

Le Bugey

Pays situé au sud du Jura, le Bugey se situe dans la partie Est du département de l’Ain, dont Belley, dans le bas Bugey, était l’ancienne capitale, Nantua étant la ville principale du haut Bugey.

Voyage au pays du Bugey

Le Bugey, un des quatre «pays» du département de l’Ain, correspond à l’extrémité sud de la montagne jurassienne; ses frontières naturelles sont le Rhône au sud et à l’est, l’Ain à l’ouest et la Valserine au nord.

Région d’élevage et de forêts; vignobles au sud. Industries mécaniques, textiles, chimiques (plastiques d’Oyonnax) et du bois. Le Bugey actuel est fortement marqué par les trois grandes mutations économiques qu’il a connues depuis plus d’un siècle: la révolution des transports, l’aménagement énergétique (barrage de Génissiat, centrale nucléaire) et le développement du tourisme, qu’il soit culturel, sportif ou gastronomique, a permis de créer des emplois ruraux et de valoriser les richesses naturelles et architecturales de nombreuses communes du Bugey.

Géographie

Le haut Bugey, dit Bugey noir, s’étend entre la cluse de Nantua-Bellegarde et la cluse d’Ambérieu-Culoz; le pays de Nantua, au centre, est entouré par la Bienne et l’Ain, la Valserine, le Rhône et l’Albarine d’un réseau de cluses et de gorges. Dans cette région, les plis montagneux, orientés nord-sud, sont plus resserrés qu’au centre du massif, mais les paysages sont identiques : chaînons parallèles escarpés en falaises sur les bords, boisés de sapins ou de hêtres, séparés par des plateaux de cultures ou de pâturages, à la physionomie franchement alpestre autour de 1 000 m d’altitude.

Le bas Bugey, ou Bugey blanc, séparé au nord du haut Bugey par les cluses de l’Albarine et des Hôpitaux (d’Ambérieu à Culoz), affecte la forme d’un angle aigu dont les côtés sont dessinés par le Rhône et dont la pointe, tournée vers le sud, correspond au grand coude du fleuve. Les chaînons parallèles du Jura prolongent ceux du haut Bugey, mais sont resserrés davantage encore les uns contre les autres. Très riant aux environs de Belley, le bas Bugey, quoique moins élevé naturellement que le haut Bugey, n’en offre pas moins sur les bords du Rhône des paysages très pittoresques et, dans les replis de ses chaînons jurassiques, de hauts plateaux sauvages et des combes très fraîches.

Les monts, les crêts et les plateaux ont souvent une altitude supérieure à 1 000 m (1 531 m au Grand Colombier). Les contrastes sont donc ici permanents, entre la vallée encaissée, celle de l’Albarine par exemple, et les blanches corniches qui la bordent, entre le riant Valromey et le rude plateau de Retord. La montagne bugiste n’est pourtant pas impénétrable: les nombreuses cluses, dégagées dans les plis jurassiens par l’érosion, font du Bugey une région de passage privilégiée.

L’eau est partout présente, sous forme de cascades, de rivières ou de lacs. (Voir à ce sujet les Confidences de Lamartine [1849], qui fut élevé au collège de Belley : « Les grands escarpements, les torrents, les cascades, les ruines sur les rochers, les chalets sous les sapins et sous les hêtres de ce pays tout alpestre, nous arrachaient nos premiers cris d’admiration pour la nature. »)

Histoire du Bugey

Les hommes s’installèrent en Bugey dès le Paléolithique. Temples, monuments et inscriptions épigraphiques rappellent que cette région, le «vicus» de Belley, fut une terre de prédilection pour les Romains jusqu’au Ve siècle. À cette date, les invasions burgondes ouvrirent une période de turbulences qui ne prit fin qu’avec les dernières invasions hongroises du Xe siècle.

Vers l’an 1000, le seul pouvoir était celui de l’évêché de Belley, constitué au VIe siècle. Pendant plus de trois siècles les sires de Coligny, de la Tour-du-Pin, les dauphins du Viennois et la maison de Savoie s’affrontèrent pour la maîtrise du Bugey; au milieu du XIVe siècle, la maison de Savoie imposa finalement sa suzeraineté. Par le traité de Lyon, en 1601, Henri IV rattacha le Bugey à la couronne de France. Cette province devenue frontière se transforma en zone d’intense contrebande. Ainsi, le XVIIIe siècle y vit Mandrin défier le pouvoir royal.

En 1789, malgré l’opposition des Bugistes, défendus par leur député Brillat-Savarin, le Bugey fut rattaché à la Bresse et devint un «pays» du département de l’Ain. Durant la Seconde Guerre mondiale, les maquis de l’Ain furent l’un des pôles de la Résistance, malgré la terrible répression allemande.

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