Kara Khitaï

Kara Khitaï

Le nom a été donné par les Turcs, Kara Khitaï (ou Kara Kitay , ou Qara Khitaï), et les Persans à une branche des tribus Khitan qui, au XIIe siècle, fondèrent un vaste empire en Asie centrale (1137 – 1218).

Les Khitan et les Kara Khitaï

Peuple mongol de Mandchourie, les Khitan avaient fait la conquête du nord de la Chine en 936 où ils adoptèrent le bouddhisme et fondèrent la dynastie des Liao (ou Leao). Ils en furent expulsés entre 1123 et 1125 par les Jürchen. Revenant alors à leur nomadisme ancestral, certains d’entre eux (les Liao orientaux) furent détruits au nord du Tarim par le khan de Kachghar, au service des califes abbassides. Une autre branche des Khitan, sous la conduite de leur roi Ye-liu Ta-che (Yelü Dashi, v. 1087 – 1143), après s’être dirigée vers l’est du lac Balkach, s’allia aux Ouighours, entra au Turkestan, soumit les khanats de Kachghar et de Khotan et fonda en Asie centrale le vaste empire des Kara Khitaï (les Khitan noirs), aussi connu sous le nom de Hsi Liao (les Liao occidentaux).

Bouddhistes, les Kara Khitaï se heurtèrent aux Turcs seldjoukides musulmans qui dominaient alors en Sogdiane et en Transoxiane. En 1137, ils entrèrent en Sogdiane et au Ferghana où ils infligèrent une lourde défaite aux troupes que le gouverneur de Samarkand avait envoyées pour les arrêter. En septembre 1141, ils anéantirent l’armée du sultan Sandjar à Katwan, près de Samarkand et s’emparèrent de l’ensemble des territoires entre l’Amou-Daria et le Syr-Daria.

Cette défaite des Seldjoukides eut un immense retentissement dans toute l’Asie centrale, et le bruit en parvint même, par les croisés, jusqu’en Occident, où, en raison du grand nombre de chrétiens nestoriens parmi les Kara Khitaï, il fut à l’origine de la légende du Prêtre Jean, mystérieux souverain chrétien qui devait ruiner la puissance de l’islam. Dans l’immédiat, la victoire des Kara Khitaï décida le chah du Khwarezm à rechercher leur alliance et à se placer sous leur vassalité.

Ainsi, à l’apogée de son étendue, l’empire des Kara Khitaï, dont les souverains se firent donner le titre impérial de gour-khan («khans universels»), avait imposé sa suzeraineté, à l’est aux Ouigours (dans le Kou-tch’eng), peuple turc de religion nestorienne ou bouddhiste ; au nord, aux Karluk, autre peuple turc, en grande parie nestoriens ; et au sud-ouest, au Turcs musulmans du Khwarezm (Transoxiane et Perse orientale).

Carte empire Kara Khitaï
Carte empire Kara Khitaï

Laissant presque partout sur leur trône les princes turcs, les Kara Khitaï, formèrent ainsi une sorte d’aristocratie mongole de culture chinoise, superposée à des populations turcophones islamisées ; tout en favorisant le bouddhisme, ils furent bienveillants envers les chrétiens. Pendant longtemps, ils furent également tolérants envers l’islam, et ce n’est que sous le règne de leur dernier roi, Kütchlüg, un chrétien, roi des Naïman devenu par mariage empereur des Kara Khitaï (vers 1211), que les musulmans de Kachgharie et du Khotan furent victimes de persécutions étendues.

En 1204, le chah du Khwarezm, Ala ad-Din Mohammed, fit appel aux Kara Khitaï pour l’aider à repousser les attaques des Ghurides. Mais, trois ans après, se révoltant contre la vassalité qui lui était imposée, Ala ad-Din Mohammad s’allia aux Karakhanides de Samarkand et, après avoir envahi la Sogdiane, il écrasa les Kara Khitaï sur les rives du Talas (1210). Peu après, Kütchlüg, universellement détesté de ses sujets qui accueillirent les Mongols comme des libérateurs, fut exécuté sur l’ordre de Gengis khan dont les armées balayèrent les restes de l’empire des Kara Khitaï (1218).

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