Le Turkestan

Turkestan

Le Turkestan présente des contrastes très marqués au niveau du relief, du climat et de la végétation. Le pays est la portion occidentale de l’Asie centrale. Il comprend trois déserts, le Arahoum, le Kyzylhoum et le Takla-Makan, séparés par la chaîne du Tianshan, limités au sud par les montagnes d’Afghanistan et du Tibet; au nord les steppes du Kazakhstan en font partie.

Géographie et Histoire du Turkestan

Peuplée autrefois de nomades, le Turkistan a été un réservoir d’envahisseurs, un lieu de passage et une voie commerciale de première importance pendant des siècles (route de la soie). Terrain d’expansion de la Chine au XVIIIe siècle et de la Russie au XIXe siècle, le Turkestan est aujourd’hui divisé en plusieurs entités.

Le relief du Turkistan se compose de deux cuvettes bordées de chaînes; le pic du Communisme et le Mouz Tagh Ata culminent respectivement à 7 495 et 7 440 m (dans le Pamir), tandis que les bords de la Caspienne et la fosse de Tourfan descendent au-dessous du niveau de la mer. Les paysages du Turkestan mettent en évidence les mêmes oppositions: à partir de 3 000 m le domaine de la neige et de la glace, dans les dépressions l’étendue des sables, près des fleuves les rubans verdoyants des oasis. Ce milieu peu favorable à la vie humaine, en dehors des oasis, est la conséquence de la sévérité du climat. À la faiblesse des précipitations s’ajoute en effet l’intensité de l’ensoleillement: le Turkestan oriental reçoit en moyenne 500 mm de pluies par an et le Turkestan occidental 300 mm.

Cependant, la répartition des précipitations est inégale selon le lieu (il ne tombe que 100 mm de pluies au centre des cuvettes) et selon la saison (le printemps est la saison la plus pluvieuse). L’été et l’hiver présentent de très importants contrastes de températures: de 35 ºC à -50 °C.

Ces caractéristiques climatiques s’expliquent par la topographie de cuvette à l’abri des barrières montagneuses qui recueillent la majorité des précipitations, et par la continentalité extrême de cette région (la ville de Kouldja, dans le Tian Shan, est la plus continentale du monde). Ces conditions déterminent trois zones de végétation: dans les montagnes, les forêts de conifères et de feuillus; dans les dépressions, des lambeaux de steppes; le long des fleuves, une forêt-galerie de peupliers, de saules et de tamaris.

Histoire et peuplement du Turkistan

Dès la plus haute Antiquité, cette région a associé nomades des déserts et sédentaires des oasis. D’abord ouverte aux influences helléniques, elle a été séparée du monde méditerranéen par les invasions chinoises, puis turco-mongoles. De ce moment, le Turkestan devient le point de départ des invasions de nomades qui déferlent sur l’Inde, la Russie, le Moyen-Orient méditerranéen et l’Europe (l’histoire du Turkestan recoupe celle de l’Asie centrale). Au début du XVIe siècle, les Tadjiks occupent les montagnes du Pamir, les Kirghiz se sont fixés dans celles de l’Ala Taou et de l’Altaï. Les Ouzbeks se sont établis sur les oasis de l’Amou Daria et les Turkmènes sur le piémont du Kopet Dagh.

Cette région va attirer les Chinois et les Russes, qui entreprennent la conquête de ces déserts entre le milieu du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Dès lors, le Turkestan se trouve divisé selon la barrière du Tianshan. La soumission des Turco-Mongols a été difficile: le Turkestan chinois a réussi à obtenir son indépendance pendant douze ans (1866-1878).

Aujourd’hui, ce territoire de 5 640 000 km2 est peuplé d’environ 65 millions d’habitants seulement. Parmi eux 40 millions de turcophones, 5 millions de persanophones, 15 millions de Russes et d’Ukrainiens, ainsi que 4 millions de Chinois et quelques Mongols au Xinjiang. Les minorités nationales sont très attachées au principe d’autonomie; elles ont constitué dans l’ex-URSS les cinq républiques kazakh, kirghize, ouzbèke, tadjike et turkmène. Ces républiques sont devenues indépendantes en 1991 lors de la dislocation de l’URSS mais sont les membres le plus fidèles de la Communauté des États indépendants (CEI). À l’est, le Xinjiang, érigé en région autonome en 1955, est soumis à la colonisation chinoise.

Économie du Turkistan

L’agriculture reste l’activité dominante. L’élevage se maintient dans les montagnes et sur les maigres steppes. Cependant, au nomadisme se substitue une transhumance organisée par les éleveurs de la plaine. L’extension spectaculaire de l’irrigation marque l’évolution des dernières décennies. À l’heure actuelle, on trouve quatre types d’oasis: les oasis de pied de montagne sur les cônes de déjection, comme Samarkand ou la vallée du Tarim, les oasis de bassin d’effondrement, comme la plaine de Fergana, les oasis linéaires, le long de l’Amou-Daria et du Syr-Daria, les oasis de canal. Le maïs, le mûrier, les légumes et les arbres fruitiers du côté autrefois soviétique, le blé, l’orge et les arbres fruitiers, du côté chinois, sont des cultures traditionnelles. L’extension de la culture conquérante du coton irrigué est le fait marquant, notamment le long de l’Amou-Daria et du Syr-Daria. Les pompages sont si importants que la mer d’Aral est menacée d’assèchement.

L’essor industriel est plus lent, en raison de la pauvreté en matières premières de la région. Pour l’instant la quasi-totalité du gaz et des fibres de coton, les deux richesses locales, est exportée (le coton anime essentiellement l’industrie de l’Ouzbékistan et du Turkménistan). L’ampleur des réserves de gaz naturel constitue un espoir pour l’économie de l’Asie moyenne, notamment pour le Turkménistan et le Kazakhstan. Dans le Xinjiang, les gisements de charbon (de part et d’autre du Tianshan), de minerai de fer, d’or et de sel sont systématiquement exploités. Ils ont donné naissance à un début d’industrialisation dans les centres urbains (essentiellement à Ouromtsi: industrie textile, aciérie, cimenterie).

L’intégration de ces terres marginales, leur développement économique ont nécessité la mise en place de tout un réseau d’échanges, axé sur le chemin de fer (Transcaspien, Transaralien et Turksib, du côté occidental; ligne transcontinentale chinoise) et sur les liaisons aériennes vers les capitales des républiques et les principales oasis du Xinjiang chinois. L’évolution géopolitique récente ouvre la partie autrefois soviétique à toutes les influences, celles de la Turquie, certes, mais aussi celles de l’Allemagne et du Japon.

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