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Le Kazakhstan

Kazakhstan

État de l’Asie centrale, le Kazakhstan est limité au nord et au nord-ouest par la Russie, à l’est par la mer Caspienne, au sud par le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan, et à l’est par la Chine (monts Tianshan et Altaï). C’est le deuxième État de la CEI en superficie (2 717 400 km2). Avec 600 000 habitants [1994], Astana (anciennement Akmola), la nouvelle capitale, est la ville la plus importante du pays, suivie de Karaganda, Tchimkent, Semipalatinsk et Oust-Kamenogorsk.

Géographie du Kazakhstan

Très varié, le relief du Kazakhstan présente des plaines, des collines et des plateaux. Au centre, le seuil kazakh des collines Tourgaï, vieille montagne prolongée à l’est par le plateau du Kazakhstan, où l’altitude maximale est de 1 566 m, sépare la plaine de la Sibérie nord-occidentale de la dépression Touranienne méridionale et désertique. Dans cette dernière s’étalent les étendues vides et de longue tradition nomade d’Oust-Iourt et de Kyzylkoum, de Mouyounkoum, de Betpat-Dala et de Taoukoum.

Dans la partie occidentale du Kazakhstan, les contreforts des monts Oural, prolongés vers le sud par les collines Mougodjary (qui culminent à 650 m), séparent la dépression caspienne (dont les altitudes varient entre -28 m et 60 m), à l’ouest, et le plateau steppique du Kazakhstan, à l’est. Dans la partie sud-orientale du pays, les hautes montagnes sont présentes (Altaï, 4 506 m).

Climat et hydrographie

Excepté les montagnes, correctement arrosées (1 000 mm/an), le reste du territoire souffre des rigueurs d’un climat très continental (de 100 à 350 mm/an). Les températures hivernales peuvent atteindre – 50 °C et celles de l’été dépasser 40 °C. Le réseau hydrographique prend ses sources dans les montagnes méridionales puis disparaît dans les dépressions endoréiques des lacs (Balkhach, Tengiz, Zaïsan) et de la mer d’Aral; ses principales rivières sont l’Irtych à l’est, le Syr-Daria, l’Oural et l’Emba à l’ouest.

Les grandes nappes d’eau, très importantes pour l’économie du Kazakhstan, sont très fragiles et en grave crise (assèchement et pollution de la mer d’Aral). Du nord vers le sud, les forêts (10 % du territoire) font place à la steppe et à la végétation de semi-désert.

Population du Kazakhstan

Estimée à 15,6 millions d’habitants [estimation 1998], la population est composée de Kazakhs (41,8 %), de Russes (36,8 %), d’Ukrainiens (5,2 %), d’Allemands (4,6 %), d’Ouzbeks (2,2 %), de Tatars (2,1 %), de Biélorusses (1,1 %) et de Ouïghours (1,1%) [1995]. La faible densité d’une population encore semi-nomade, les vicissitudes subies pendant l’implantation du système soviétique (famines) ont facilité l’apport de populations allogènes, venues d’autres parties de l’ex-URSS pour exploiter les ressources minières. Ceci explique que les Khazakh ne représentent pas la moitié de la population totale, malgré les déplacements récents de population (près de 800 000 Allemands ont pu revenir dans leur pays d’origine depuis 1993).

Économie

Le Kazakhstan, qui a enregistré un décollage industriel, cherche à s’éloigner économiquement de la Russie, mais son industrie intégrée à la CEI, les industries stratégiques de Sémipalatinsk, le cosmodrome de Baïkonur et la forte proportion des russophones rendent le processus très difficile. La localisation périphérique de ses régions économiques soulève beaucoup de problèmes d’articulation du territoire.

L’économie kazakhe, déjà fragilisée, a subi depuis l’automne 1998, les contrecoups de la crise financière russe, qui a totalement déstabilisé les échanges commerciaux entre les deux pays.

Agriculture

L’agriculture extensive (céréales) est pratiquée au nord et au nord-ouest (opération «terres vierges» et fronts pionniers agricoles): il s’agit d’une agriculture très aléatoire. L’agriculture intensive (céréales, coton, fruits, betteraves) est localisée sur les piémonts d’Alataou et dans la vallée irriguée de Syr-Daria. L’élevage concerne les chèvres, les chameaux, les ovins et les bovins.

Mines et industrie

Les ressources du pays sont considérables: charbon (Karaganda, Ekibastouz), fer (Temir-Taou), phosphates (Kara-Taou), bauxite (Tourgaï), chrome, cobalt, nickel (Mougodjary). Le pétrole (Emba-Oural) constitue également une importante richesse naturelle, depuis qu’un accord de partage des réserves situées au nord de la mer Caspienne, et estimées entre 12 et 15 milliards de tonnes, a été conclu avec la Russie en juillet 1998. L’industrialisation de la période soviétique a privilégié l’industrie lourde (métallurgie, chimie, équipement mécanique). Les principales concentrations industrielles sont liées aux gisements miniers de la partie nord (bassin de Karaganda, région d’Altaï, région Oural-Mougodjary) et aux transports (villes du Transsibérien).

Histoire du Kazakhstan

Voie de passage pour les nomades venus de l’est, le Kazakhstan fut traversé et occupé par les Pétchénègues, les Coumans puis les Mongols de Gengis Khan. Le territoire fait intégralement ou partiellement partie de l’Empire mongol. Les Kazakhs, descendants des tribus turques et mongoles, deviennent une ethnie distincte pendant le XVe et le XVIe siècle, après avoir été islamisés. Entre 1731 et 1868, les trois khanats des Kazakhs son intégrés à l’Empire russe, qui pratique une forte colonisation russe et ukrainienne. À la fin 1917, le Kazakhstan déclare son autonomie, mais l’Armée rouge intervient contre les troupes nationalistes et contre-révolutionnaires et impose, en 1920, la création de la RSSA Kirghize (les Kazakhs étaient appelés Kirghiz pour les différencier des kazaques russes), dans le cadre de la RSFS de Russie.

Après le changement de nom en 1925 (RSSA de Kazakhstan), le pays est inclus dans la RSS d’Ouzbékistan. En 1936, le Kazakhstan devient une république de l’Union. Après la Seconde Guerre mondiale, la mise en valeur de l’agriculture (déclenchée par Khrouchtchev) et l’industrialisation massive augmentent la proportion des russophones (20 % en 1926; 43 % en 1957), des Allemands et des Tatars déportés de l’ouest de l’URSS. Cette structure ethnique complique ainsi la politique actuelle de l’État. Depuis 1989 la langue officielle est le kazakh, mais la langue de communication inter-ethnique reste le russe.

Le Kazakhstan a été la dernière république de l’URSS à se déclarer indépendante, en décembre 1991, mais sous la conduite de son président Noursoultan Nazarbaïev, ce pays se situa parmi les premiers à signer les accords de la constitution de la CEI et du commandement unique des forces stratégiques et conventionnelles. La politique de désarmement nucléaire, le rapprochement avec les autres républiques islamistes d’Asie centrale, les facilités offertes aux investissements étrangers, l’admission à l’ONU sont autant de signes qui témoignent de la recherche d’une voie politique et économique plus autonome, aux prises avec des sollicitations divergentes.

Lors de l’élection présidentielle anticipée organisée en janvier 1999, N. Nazarbaïev a devancé le candidat communiste S. Abdilin et a été reconduit à la tête du pays. Il a maintenu Nourlan Balguimbaïev à la direction du gouvernement. Cependant, les résultats du scrutin ont été contestés par l’opposition qui a dénoncé des irrégularités dans son déroulement, et par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a remis en question sa légitimité et son caractère démocratique.