photo - urbain affiche dechiree
Boulogne sur Mer
Boulogne sur Mer

Ville de Boulogne Sur Mer

Chef-lieu d’arrondissement du Pas-de-Calais, Boulogne sur Mer est également un port sur la Manche à l’embouchure de la Liane. La ville compte environ 45 500 habitants (Boulonnais).

La ville de Boulogne-sur-mer

L’agglomération, structurée administrativement par le district de Boulogne-sur-Mer (1991), a été étendue en 1994 à 22 communes. Premier port de pêche de France, ravitaillant en particulier Paris; port de commerce (2,9 millions de tonnes de marchandises) et de voyageurs (912 217 personnes avec l’Angleterre). Outre le tourisme, l’économie de la ville s’appuie également sur les entreprises de conserveries, les chantiers navals, les aciéries d’Outreau (ferromanganèse), l’aluminium , les cimenteries et chaux.

Station balnéaire (Côte d’Opale) connue pour son pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne. Non loin (35 km) de l’entrée du tunnel sous la Manche, la ville de Boulogne sur Mer est située au carrefour des riches zones de pêche d’Europe du Nord et des importants marchés de consommateurs d’Europe du Sud, Boulogne voit transiter chaque année 300 000 tonnes de poissons dont près de 60 000 tonnes de capture locale. Le premier port de pêche français (devant Lorient et Concarneau) compte aussi parmi les plus importants d’Europe pour le débarquement de la marée et l’industrie qui en découle. Enfin, avec un trafic de presque 4 millions de tonnes par an (minerai, denrées alimentaires, ferro-manganèse), Boulogne est au neuvième rang des ports de commerce de France.

Boulogne est également le site d’un Centre national de la Mer (Nausicaa) et de plusieurs laboratoires de l’IFREMER.

Dans la ville haute de Boulogne-sur-Mer, en matière de tourisme, vous trouverez l’enceinte fortifiée du XIIIe siècle sur le tracé des murs gallo-romains, avec château d’angle; hôtel de ville du XVIIIe siècle contrastant avec le beffroi gothique, ancien donjon; basilique Notre-Dame, du XIXe s., avec coupole haute de 100 m. Dans la ville basse: église Saint-Nicolas (XVe-XVIIIe s.). Musée (vases grecs). À la sortie nord de la ville, colonne de la Grande Armée.

L’intérêt stratégique du site fut connu dès l’Antiquité et son destin fut d’abord lié à l’intérêt que portait Rome à l’île de Bretagne. C’est pourquoi plusieurs grandes voies du réseau routier de la Gaule convergeaient vers ce site (Cologne-Boulogne et Rome-Boulogne surtout). Du temps de César, Calais n’existant pas, c’est de Boulogne que la traversée vers l’Angleterre était la plus courte. Vers 55 avant J.-C., l’empereur y installa ses chantiers navals (le Portus Itius cité dans la Guerre des Gaules). L’estuaire de la Liane était alors beaucoup plus large et César y aurait concentré plus de huit cents vaisseaux.

Histoire et tourisme à Boulogne

Sous le règne de Claude, vers 43, le port devint l’attache de la fameuse classis britannica (flotte britannique) après la soumission des territoires d’outre-Manche. Ceinte de remparts, Bononia correspondait à peu près à la ville haute actuelle, Gesoriacum probablement à la ville basse portuaire.

Après les grandes invasions, du Ve au VIIe siècle au moins, Boulogne n’était plus qu’un village peuplé de Saxons. À partir du VIIe siècle, le sanctuaire de Notre-Dame devint un grand centre religieux et son pèlerinage contribua beaucoup au développement commercial.

Constituée dès la féodalité, la maison comtale de Boulogne était l’une des plus nobles de France: elle donna un roi à l’Angleterre (Étienne de Blois, roi de 1135 à 1154) et deux à Jérusalem (Godefroy de Bouillon et son frère Baudouin Ier). D’autres comtes affirmèrent leur puissance, comme Eustache II, un des artisans principaux de la victoire de Guillaume le Conquérant à Hastings.

Après la trahison de Renaud de Dammartin, prisonnier à la bataille de Bouvines en 1214, Boulogne tomba aux mains de Philippe Hurepel (c’est-à-dire «Poil hérissé»), second fils du roi Philippe Auguste, qui fit alors édifier une nouvelle demeure seigneuriale et le premier château fort sans donjon.

Boulogne était une ville prospère lorsque éclata la guerre de Cent Ans. Après la prise de Calais en 1347, combats et pillages se succédèrent mais la cité tint bon. Pour subvenir au coût de cet état de guerre permanent, le Boulonnais se vit accorder des privilèges exceptionnels: la franchise et l’exemption de «toutes tailles, subsides et gabelles». Prise par Henri VIII d’Angleterre en 1544, Boulogne redevint définitivement française en 1550.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Boulogne connut un grand essor économique.

La royauté tenta alors de limiter ses privilèges en la soumettant à l’impôt. Cependant, en raison de son statut de ville-frontière, la ville conserva ses privilèges jusqu’à la Révolution.

En 1803, Napoléon, voulant envahir l’Angleterre, rassembla l’armée impériale au camp de Boulogne. Il fit exécuter d’immenses travaux qui mettaient le port en état de recevoir plus de 2 000 bâtiments. Mais le désastre de Trafalgar (1805) et une nouvelle coalition de l’Autriche et de la Russie l’obligèrent à abandonner son projet d’invasion.

Au XIXe siècle, avec la vogue des bains de mer, Boulogne devint une ville de tourisme très cosmopolite. Ses grandes manifestations mondaines, notamment celles auxquelles assistèrent la reine Victoria et le prince Albert, renforcèrent l’Entente cordiale entre la France et l’Angleterre.

En 1914-1918, Boulogne eut surtout un rôle de base militaire, mais elle fut néanmoins bombardée à plusieurs reprises en 1918. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle subit des dégâts très importants, pendant le siège (23-25 mai 1940), puis lors des opérations aériennes de mai 1940 à septembre 1944. Entre 1940 et 1944, Boulogne subit en effet 487 bombardements. Le 15 juin 1944, un seul bombardement déversa 2 500 tonnes de bombes en une demi-heure. L’ensemble de l’agglomération fut sinistrée à plus de 75 %. (Sur 9 584 immeubles recensés en 1934, au lendemain de la guerre 5 192 étaient totalement détruits et 4 000 partiellement.) Après la guerre, le port, la gare et les autres quartiers dévastés furent reconstruits selon un vaste plan d’urbanisme conçu par l’architecte Pierre Vivien (marquée, notamment, par la réalisation des tours de l’opération Gambetta).

Image - Cartes - Photos : boulogne sur mer plan de la ville - plan de boulogne sur mer -