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Ville de Venise

Une des plus grandes villes touristiques du monde, Venise est cependant menacée par divers fléaux (pollution des bateaux à moteurs, pigeons, enfoncement, variation de l’amplitude des marées).

Visiter Venise

Plus de quatre cents ponts (dont le célèbre pont du Rialto ainsi que le pont des Soupirs) relient les cent dix-huit îlots de la ville de Venise. Le Grand Canal, long de 3,8 km, sillonne Venise.

En matière de tourisme, Venise abrite de remarquables oeuvres architecturales qui forment un ensemble classé, depuis 1987, par l’Unesco comme un haut lieu du patrimoine mondial. Celui-ci comprend notamment la place Saint-Marc, avec la basilique Saint-Marc. Fondée en 529, construite en 829, puis rebâtie en 1094, suivant le modèle byzantin sur un plan en croix grecque surmontée de cinq coupoles, la basilique abrite 4000 m² de mosaïques à fond d’or (XIe-XIVe siècles) et le Pala d’Oro, somptueux retable d’orfèvrerie.

Entre la place Saint-Marc et la Piazetta se dresse l’un des édifices caractéristiques de Venise, le campanile (90 m de hauteur) avec sa logetta, reconstruit en 1902 suite à son effondrement. Le palais des Doges (XIIIe-XIVe siècles), symbole de la gloire et de la puissance vénitiennes, les Procuraties, les innombrables palais et maisons patriciennes caractérisent également cet ensemble architectural exceptionnel. Le Lido, station balnéaire dotée d’un casino, ferme la lagune.

Les monuments religieux de Venise sont particulièrement renommés, notamment San Giorgio Maggiore (Palladio, 1566), Santa Maria della Salute (commencée en 1631), l’église dominicaine Saint-Jean-et-Saint-Paul qui renferme les tombeaux des doges et l’église franciscaine Santa Maria dei Frari pour laquelle Titien a réalisé en 1526 le Retable Pesaro. Cette grande ville d’Italie abrite également de nombreux musées et bibliothèques : Libreria Vecchia (plus de 800 000 livres et 13 000 manuscrits), galerie de l’Académie (peintures vénitiennes), la galerie Franchetti (dans le palais du Ca’D’oro), le musée d’Art moderne (dans le palais Pesaro), le musée du XVIIIe siècle vénitien (au palais Rezzonico), la collection Peggy-Guggenheim (au palais Venier dei Leoni), etc. Les cafés (café Florian, café Quadri) font également la réputation de la ville. Le patrimoine de Venise a malheureusement été temporairement amputé du Théâtre de la Fenice, détruit par un incendie en janvier 1996.

On pourra également visiter Venise pendant le festival de cinéma ou durant la Biennale (art contemporain). Son célèbre carnaval, fondé en 1662, a été remis au goût du jour au début des années 80.

Carnaval de Venise
Carnaval de Venise

Les arts à Venise

Outre les réalisations architecturales, la vie artistique à Venise est intense. La peinture y a toujours tenu la plus belle place, que ce soit durant la période gothique, la Renaissance ou le baroque. En témoignent les oeuvres de Bellini (Pieta, 1470 ; Retable de San Giobbe, 1487), Bassano, Palma, Carpaccio (Légende de sainte Ursule) Lotto, le Tintoret (la Cène), Titien (Présentation de la Vierge au temple, 1538), Véronèse (Répudiation de Vashti) puis de Canaletto (Vue de Venise), Longhi, Guardi et Tiepolo.

A la fin du XVIIIe siècle, l’école de Venise pouvait s’enorgueillir d’un patrimoine illuminé par quelques-uns des plus grands écrivains (Giacomo Casanova, Carlo Goldoni, Carlo Gozzi), intellectuels (l’Arétin, Pino, Dolce) et musiciens d’Europe (le flamand Willaert, les Gabrieli puis Claudio Monteverdi, Tomaso Albinoni, Antonio Vivaldi).

Histoire de Venise

La chronique indique que ce site peuplé de Vénètes est soudainement investi au Ve siècle par les habitants d’Aquilée et de Padoue, tentant d’échapper aux grandes invasions. En 697, Paolo Lucio Anafesto est le premier doge élu de la république de Venise.

Détentrice de possessions en Dalmatie à partir de l’an 1000, Venise protège l’Adriatique des tentatives d’assauts sarrasines ou normandes. Elle accroît considérablement son pouvoir au moment des croisades. Ainsi, lors de la quatrième croisade, les Vénitiens prennent des hypothèques sur les territoires à conquérir, les croisés ne pouvant payer comptant les grands services rendus par la cité du doge Dandolo.

Ainsi, en 1204, les Vénitiens détournent la croisade de son but initial pour se rendre maîtres d’une grande partie de Constantinople, des côtes de la mer Ionienne et des îles avoisinantes, du Péloponnèse, des Cyclades, de Zadar et de Gallipoli. La Crète vient bientôt s’ajouter à cette liste de conquêtes prestigieuses. Mais, en 1261, de son exil de Nicée, Michel VIII Paléologue promet à Gênes les privilèges commerciaux détenus par Venise sur ces territoires en contrepartie d’une aide génoise à la reconquête de Constantinople. Lorsque Michel VIII entre en septembre 1261 dans cette ville tant convoitée, il tient sa promesse et accorde aux Génois le monopole du commerce sur la mer Noire.

La guerre entre Venise et Gênes peut s’engager. Elle s’achève en 1380 à Chioggia par la victoire vénitienne. Venise devient alors la première puissance maritime européenne et son domaine s’enrichit aux XIVe et XVe siècles des terres de Corfou, Lépante, Athènes, Scutari et Chypre. Aux riches cargaisons d’épices, de soie et de coton ramenées d’Orient, il faut trouver des débouchés sûrs. Aussi, Venise étend également sa domination en Italie sur les villes de Belluno, Aquilée, Udine, Cadore, Brescia, Bergame, Lodi. Elle prend ses derniers territoires (Crémone, Rimini, Trieste, etc.) en 1499 lors des guerres d’Italie menées par Louis XII.

Mais deux ans plus tôt, Vasco de Gama avait découvert le cap de Bonne-Espérance permettant d’accéder aux Indes. L’importance stratégique de la ville de Marco Polo se réduit alors considérablement et la ville décline, perdant peu à peu son acquis territorial, notamment sous l’effet des guerres menées contre l’Empire ottoman et du coût de la neutralité dans les conflits opposant les grandes puissances royales européennes. Les Portugais venant au XVIe siècle proposer à Anvers les produits orientaux dont Venise avait jusqu’ici l’exclusivité, le système économique efficace de collaboration entre les aristocraties communale et marchande venitiennes s’effondre.

La cité des Doges essaie bien de diversifier ses activités en bonifiant la fertilité de ses terres italiennes et en développant ses industries du drap, du verre et de l’imprimerie, mais elle subit de graves épidémies de peste : celles de 1575 et 1630 font plus de cent mille victimes. Enfin, les structures politiques de la cité se sclérosent et semblent incapables de se réformer.

Mais lorsqu’elle cède, en 1739, ses dernières places du Péloponnèse, Venise a déjà légué au monde un héritage artistique et intellectuel incroyablement riche, soutenu par le mécénat de grandes familles comme les Vendramin, les Contarini, les Loredan et les Grimani. Conquise par Napoléon Bonaparte en 1797, Venise est confiée à l’Autriche par le traité de Campoformio. La ville est réunie à Milan en 1815 pour former le royaume de Lombardie-Vénétie. En 1840, les Autrichiens affrontent une première conspiration menée par Attilio et Emilio Bandiera. En 1849 échoue la seconde insurrection, menée par Daniele Manin. Venise entre dans le royaume d’Italie en 1866.
Le patrimoine vénitien subit depuis lors de graves dommages.

Le campanile de Saint-Marc s’est subitement écroulé en 1902. Les môles de renforcement construits à la fin du XVIIIe siècle ont été gravement endommagés par le raz de marée de 1825. La ville a en outre été victime de dix-neuf inondations depuis le début du XXe siècle. Aussi, après les terribles inondations de novembre 1966, le gouvernement italien a fait appel à l’Unesco afin de sauvegarder ce qui demeure un des plus beaux joyaux de l’architecture mondiale. Pourtant, les terres immergées de la lagune continuent de s’enfoncer millimètre par millimètre dans le sol. Les remous causés par les bateaux à moteur qui sillonnent les canaux et la pollution provenant des complexes industriels des alentours accélèrent encore le processus et rendent la préservation de Venise toujours plus difficile, voire improbable dans le long terme.

Des projets, pourtant, sont régulièrement proposés : le dernier date de la fin 1998 et prévoit la construction de digues mobiles aux trois bouches d’entrée de la mer au Lido. Celles-ci s’élèveraient automatiquement en cas de risque de submersion. Ce projet a toutefois été refusé par le gouvernement italien, car il suppose un assainissement général de la lagune.

Image - Cartes - Photos : peloponese -

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