La ville du Caire
La ville du Caire

Le Caire

Symbolisée par le Nil, la ville du Caire l’est également par les pyramides de Gizeh, le Sphinx et la mosquée al-Azhar. En arabe al-Qahira « la Victorieuse », le Caire est la capitale d’Egypte, avec une agglomération forte de près de 14 millions d’habitants :  de loin la ville la plus peuplée d’Afrique et même du monde musulman. Confrontée à une explosion démographique et en proie aux affres du sous-développement, la «cité aux mille minarets» reste cependant une ville mythique, où la perspective de l’aventure humaine s’étend jusqu’aux origines de l’histoire.

Carte du Caire
Carte du Caire

Géographie du Caire

Le Caire occupe pratiquement la tête du delta du Nil, à 180 km seulement de la Méditerranée, où convergent les grandes routes venant, à l’est, de l’isthme de Suez et du Sinaï et, à l’ouest, de la Méditerranée, en empruntant une série d’oasis et de dépressions. De nombreuses îles facilitent le franchissement du fleuve, qui peut être utilisé par des felouques lourdement chargées; cependant, le trafic de matériaux est limité par la présence de barrages en amont de la ville.

Le site du Caire est bordé à l’est par un escarpement calcaire et crayeux, atteignant 350 m d’altitude, rebord d’un plateau désertique assez accidenté qui s’élève brusquement de 20 à 190 m et porte à son sommet la citadelle et la mosquée de Méhémet-Ali, lesquelles dominent Le Caire au sud-est. C’est également ici que se trouvent les carrières, exploitées durant des siècles pour construire la ville. À l’ouest du fleuve, les altitudes ne dépassent guère 100 m. La plaine alluviale a longtemps été le siège de marécages et d’étangs, dont on retrouve les noms dans la toponymie métropolitaine.

À l’image de l’Égypte, qui sans le Nil serait un désert, Le Caire connaît un climat désertique, en dépit de la proximité relative de la Méditerranée. Il n’y pleut en moyenne que six jours par an. Durant l’hiver, fort doux, les rares ondées peuvent toutefois être d’une grande violence. Les nuages et les brouillards sont rares et le climat est remarquable pour la constance de ses traits: limpidité de l’atmosphère et sécheresse de l’air, égalité des jours et des nuits. Les vents sont réguliers et alternent entre ceux du nord, plus frais, et ceux du sud, brûlants. En été, ils soulèvent des tourbillons de sable et de poussière.

Le Caire - Photo de nuit
Le Caire – Photo de nuit

Histoire de la ville du Caire

Au XIe siècle de notre ère, Memphis – la capitale de l’Ancien Empire, située sur la rive ouest à 35 km au sud de l’actuel Caire et déjà concurrencée par Alexandrie – est dépassée par Fustat. Devenu aujourd’hui un quartier méridional de la capitale sur la rive est, ce noyau aurait compté 250 000 h. au XIIe siècle. Réuni à plusieurs villages et formant un ensemble long de 5 km sur 2 à 3 km de large, l’ancêtre du Caire, avec au total 1 million d’habitants dès cette époque, était déjà la plus grande ville musulmane du monde. Le sultan Saladin Ier (1138-1193) fit édifier la citadelle où siégera le gouvernement jusqu’en 1869.

Mais c’est au XIVe siècle que Le Caire connut son apogée en raison du développement du commerce en Méditerranée, notamment avec Venise, avant la découverte de la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance.

Méhémet-Ali (1769-1849) transforme la ville à partir de 1804, fait percer des murs et la relie à Alexandrie et à Suez par chemin de fer. Une période d’intense modernisation et d’européanisation commence, à partir de 1865, avec Ismaïl Pacha: adduction d’eau, éclairage urbain, réseau d’égouts, ponts, tramways. L’ouverture du canal de Suez, en 1869, accroît le dynamisme de la capitale égyptienne. En 1905, sous l’impulsion d’un capitaliste belge, le baron Édouard Empain, commence, au nord-est, la réalisation de la ville nouvelle d’Héliopolis, reliée au Caire par tramway électrique. Elle attire une population aisée et européanisée.

D’autres cités satellites se créent au sud, sur la rive droite : Maadi affirme sa vocation résidentielle, tandis qu’Hélouan accueille plutôt les industries. En même temps s’urbanisent la rive ouest – celle des pyramides – et les îles de Zamalek et Roda, où les membres de la grande bourgeoisie, qui affectionnent aussi les rives du Nil, élisent résidence. Entre 1880 et 1914, les Anglais occupent les points stratégiques que constituent les têtes de pont. Ils y implantent leurs casernes ou hôtels pour officiers et, au sud de l’île de Zamalek, leurs terrains de sport : golf, hippodrome, polo, cricket, etc.

La zone du canal a été menacée à chaque conflit israélo-arabe impliquant l’Égypte (première guerre israélo-arabe en 1948-1949, deuxième guerre en 1956, guerre des Six-Jours en 1967, guerre du Kippour en 1973); une partie de sa population a trouvé un refuge au Caire, l’intensification de l’occupation ou de la menace israélienne empêchant tout retour. Après les accords de Camp David, le traité de paix avec Israël, en mars 1979, aboutit à la restitution du Sinaï à l’Égypte (1982). Ces vicissitudes ont toujours contribué à la croissance du Caire. La guerre du Liban (1975-1991) a entraîné le transfert de nombreuses activités internationales de Beyrouth vers Le Caire.

le Caire - le Sphinx
le Caire – le Sphinx

La capitale égyptienne aujourd’hui

La ville du Caire, que tous les musulmans appellent Oum ed-dounia («la Mère du monde»), ou al-Qahira («la Triomphante»), voit de plus en plus l’acier et le verre des tours d’hôtels et de bureaux se mêler aux flèches sacrées des mosquées.

La capitale égyptienne rassemble plus de 13 % des habitants du pays et 42 % de sa population urbaine. En dehors du Caire, seule compte comme métropole Alexandrie, plus méditerranéenne qu’africaine et longtemps plus cosmopolite. Le Grand Caire administratif – qui réunit depuis 1966 les circonscriptions du Caire, de Gizeh (à l’ouest) et de Kalioubièh (au nord) – s’étend sur 2 900 km2; il comptait 9,3 millions d’habitants en 1981 et près de 11,5 en 1995 (près de 9 millions pour la ville-même), plaçant la capitale égyptienne dans le groupe des premières agglomérations au monde. La surface bâtie est plus restreinte: à peine 10 % de la superficie, soit 290 km2, tandis que 53 % de l’espace sont désertiques et près de 30 % cultivés.

De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 1980, Le Caire a connu une véritable explosion urbaine. Le taux de croissance de la population s’est maintenu entre 2,5 et 4 % par an, la croissance actuelle, en baisse (moins de 2 %), étant due au mouvement naturel. Il est peu probable que soient réalisées les prévisions qui accordaient au Grand Caire 16 millions d’habitants en l’an 2000.

L’habitat est très dense dans la partie centrale, où l’on compte jusqu’à 130 000 habitants et 4 000 immeubles au kilomètre carré. Les besoins en logement y sont considérables, comme dans le vieux quartier de Ghuriya – entre le palais présidentiel et l’université islamique al-Azhar –, à la fois résidentiel, artisanal et commerçant. On assiste actuellement à un rééquilibrage progressif entre les deux rives. La rive ouest rassemblait 29 % de la population en 1986 (soit près de 3 millions de personnes), contre 21 % en 1966. Pour faire face à la croissance rapide de la population, sept villes nouvelles ont été mises en chantier depuis 1973, à l’est et au sud, sur des sites désertiques, afin de préserver les terres cultivables de la vallée: Al-Obour, 10-de-Ramadan, Al-Badr, Al-Amal, 15-Mai, 6-Octobre et Sadate.

Le problème le plus préoccupant des Cairotes est celui de l’emploi, surtout si l’on considère la forte croissance démographique, due à la fois à la forte natalité et à l’exode rural. Le Caire offre un exemple tout à fait classique des problèmes qui se posent aux grandes métropoles des pays en voie de développement.

Egypte - Gizeh - Le Caire
Egypte – Gizeh – Le Caire

Structure de l’agglomération du Caire

La métropole, étirée en longueur des deux côtés du fleuve, s’élargit vers le nord-est, le long des routes et des voies ferrées qui se dirigent vers Héliopolis et l’aéroport, puis vers le canal de Suez et la partie orientale du Delta. Le centre des affaires – à l’est, le long du fleuve – occupe les vieux quartiers du XIXe siècle, de Garden City, au sud, à la gare principale, au nord. Les classes les plus aisées habitent Garden City, l’île de Zamalek, Maadi ou Héliopolis. Les quartiers populaires se développent sur les zones inondables, principalement au nord, ainsi qu’en périphérie.

Des centaines de milliers de squatters trouvent refuge dans les cimetières, situés à l’est, au pied de la citadelle, et logent dans les petits édifices où les familles aisées venaient se recueillir près de leurs morts. Les principales zones industrielles sont implantées sur la rive est, soit au nord (textile surtout), soit au sud, à Hélouân (métallurgie). L’agglomération connaît une grave crise du logement; son parc immobilier est très mal entretenu et les équipements publics sont encore très insuffisants, en particulier dans le domaine de l’assainissement, ce qui accentue les risques d’insalubrité.

Fonctions de la ville du Caire

Le Caire est devenu l’un des plus grands centres touristiques au monde grâce aux merveilles de l’Égypte: le Sphinx, les grandes pyramides de Gizeh et de Saqqarah, proches de la capitale sur la rive gauche du Nil, sans oublier les 400 mosquées de tous styles. C’est également au Caire qu’atterrissent les touristes en route pour Louxor, en Haute-Égypte, Karnak, à l’emplacement de l’ancienne Thèbes, avec les Vallées des Rois et des Reines, Assouan, Abou-Simbel.

Les hôtels de grand standing se sont multipliés dans la ville, essentiellement sur les rives du Nil. L’aéroport international est l’un des principaux du Moyen-Orient. Le Caire est aussi le plus grand centre industriel d’Égypte avec des industries de pointe (aéronautique, électronique), mais aussi l’édition et le cinéma, qui font de cette métropole une capitale culturelle. S’y ajoutent, en outre, un important secteur du bâtiment et un artisanat très actif pour la fabrication de vêtements, tapis, meubles et bijoux. Importante place tertiaire qui regroupe de nombreux bâtiments administratifs, des universités, des centres de recherches, des musées, la ville compte des fonctionnaires en nombre pléthorique. Les banques, les sièges sociaux et une multitude de commerces témoignent du dynamisme du secteur privé, à la périphérie duquel se développe le secteur informel des petits métiers.

Circulation au Caire

La voirie est saturée et n’arrive plus à écouler l’intense circulation, caractérisée par la diversité des modes de déplacement, y compris par traction animale. La circulation automobile, bruyante, est intense; les parkings hors voirie sont quasi inexistants. Dans cette agglomération toute en longueur, scindée longitudinalement par un fleuve qu’enjambent des ponts en nombre insuffisant, la circulation est rendue particulièrement difficile à leur entrée, mais aussi dans la moitié sud de la ville, sur la place du Tahrir, principal nœud routier, par exemple, ainsi que sur l’axe Le Caire-Héliopolis. Les Égyptiens ont projeté la construction d’une grande rocade autoroutière (Ring Road) longue de 72 km et, un peu plus loin à l’est, d’une autoroute parallèle au fleuve.

Le projet d’un métro en construction a été finalisé en 1987, le premier du continent africain et du Moyen-Orient. Il prévoyait, au départ, une ligne recoupée par deux autres plus courtes, qui fonctionnaient déjà d’Hélouân à al-Madj, parallèlement au fleuve, sur la rive est. Elle est longue de 43 km et souterraine sur 4,5 km dans le centre d’affaires de Fustat (le Vieux Caire), au sud, à la gare principale (Ramsès), au nord. Sa partie septentrionale reprend la ligne de l’ancien tramway électrique Le Caire-Héliopolis.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *