Théâtre
Théâtre

Théatre

Du grec « theatron » (lieu de spectacle) le théâtre est un bâtiment destiné à la représentation d’oeuvres dramatiques, d’opérettes, d’opéras, de films, de ballets et de tout autre type de représentation artistique.

Le théâtre désigne également l’art développé au sein d’un tel bâtiment, fondé sur une communication entre l’acteur et le spectateur, cet échange pouvant être bilatéral.

Qu’est-ce que le théâtre ?

La représentation scénique s’appuie généralement sur un texte, même si dans le théâtre contemporain, elle peut s’en affranchir, et d’autres composantes scéniques, tels l’éclairage, le son, la mise en scène, la performance d’acteur.

Certains sociologues parlent de théâtralité sociale, considérant que tout homme, dans une situation donnée, se comporte « comme s’il était au théâtre ». L’individu agit suivant les situations et joue en quelque sorte un rôle en fonction de l’environnement dans lequel il se trouve (travail, famille, etc.). Le théâtre au sens large ne se limite donc pas à la représentation scénique, mais touche tous les domaines de la vie quotidienne.

Shakespeare, dans sa pièce As you like it, écrit notamment : « All the world’s stage » (Le monde entier est une scène), conception que l’on retrouve également sur le fronton du Globe Theater de Londres : « Totus mundus agit histrionem ».

La théâtralité constitue donc l’une des bases du comportement humain. Les enfants, en se déguisant ou en se masquant, s’inventent des rôles, reproduisent le comportement des adultes en tentant de s’approprier leurs gestes. L’anthropologie culturelle s’est notamment penchée sur ces phénomènes de théâtralité. La capacité au jeu et donc aux changements serait à la base de toute évolution au sein d’une société. De plus, la capacité à théâtraliser une situation difficile peut permettre de la dépasser. Ces données sont notamment utilisées en pédagogie et en psychologie (thérapie de groupe). On observe ce phénomène chez les peuples primitifs, dans les combats symboliques entre les bons et les mauvais esprits, au Moyen Age dans les passions ou encore dans la liturgie théâtrale des offices religieux.

De nos jours, le Théâtre s’appuie sur l‘oeuvre d’un dramaturge, d’un compositeur ou d’un chorégraphe. Le jeu scénique peut également être totalement improvisé, il s’appuie néanmoins sur la mimique, la gestuelle, la danse, la langue, le chant et la dynamique de groupe. Un même texte peut, renforcé par la mise en scène (décor, lumière, costume, jeu d’acteur) donner lieu à des interprétations multiples, voire contradictoires.

Le théâtre, bien qu’étroitement lié au cinéma ou à la pièce radiophonique, s’en distingue cependant par l’expérience scénique et la communication établie entre l’acteur et le spectateur. Certains metteurs en scène, telle Ariane Mnouchkine, ont exploité les possibilités d’interaction avec le public, incitant même les spectateurs à participer à l’action dramatique.

theatre mogador
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Le théâtre grec

Le premier théâtre est construit en Grèce, vers 500 av. J.-C. ; il s’agissait d’un théâtre à découvert avec près de vingt mille places assises. Les théâtres grecs s’organisent autour de trois éléments :

  • l' »orkhêstra« , scène circulaire avec en son centre l’autel autour duquel évoluent les danseurs
  • le « theatron« , agencé en gradins et sur lequel prennent place les spectateurs
  • la « skênê« , petite construction rectangulaire qui sert de coulisses. Tel le théâtre de Dionysos sur le versant sud-est de l’Acropole d’Athènes, dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges.

Le théâtre romain

Le théâtre romain, contrairement au théâtre grec, se caractérise par un gigantesque mur de scène qui isole les acteurs du paysage urbain. L’espace réservé au public, la cavea, était semi-circulaire et relié à la scène. Les fresques retrouvées à Pompéi témoignent du faste et du rôle social joué par le théâtre à cette époque.

Le théâtre du Moyen Age

Au Moyen Age, pendant longtemps il n’y a pas eu d’édifice spécifique. Les représentations, d’abord uniquement religieuses, avaient lieu dans les églises et sur leur parvis. Avec l’apparition des sujets profanes, les représentations ont lieu aussi bien sur des places que dans des cours.

Le théâtre du XVIe au XIXe siècle

Le théâtre élisabéthain donne naissance à une forme scénique plus structurée. Les troupes ambulantes se produisent dans les cours d’auberge, adossant leurs tréteaux et leurs estrades aux galeries circulaires. Les premiers théâtres construits à Londres, dont le Globe, reprendront cette forme.

L’architecture de la Renaissance reprend les critères du théâtre antique tout en les réadaptant, tel l’illustre théâtre olympique (1759) de Vicence par Andrea Palladio avec son fond de scène imposant. Le théâtre à l’italienne se caractérise par un décor en perspective, une séparation du parterre et des balcons, et une salle composée de plusieurs étages de loges en demi-cercle. L’illusion théâtrale est créée par une machinerie de plus en plus sophistiquée (décors coulissants) et une imitation du réel (trompe-l’oeil) que l’on utilise également pour les opéras. Ces modifications touchent toute l’Europe. L’exemple le plus célèbre de théâtre à l’italienne est la Scala de Milan. A partir de la moitié du XVIIIe siècle, ce type de salle s’implante en France : le théâtre de Lyon, créé par Soufflot en 1753, et l’Opéra de Paris, conçu par Garnier en 1875.

Le théâtre contemporain

De nos jours, l’espace théâtral peut prendre diverses formes architecturales. Il conserve toujours un espace réservé aux spectateurs, et une scène mesurant généralement quinze mètres de long et neuf mètres de profondeur.

La fosse d’orchestre, partiellement cachée, se trouve devant la scène. La salle, quant à elle, se divise en deux parties distinctes et graduellement étagées : le parterre et les loges. Certaines salles contemporaines abolissent la séparation entre spectateur et acteur, proposant des scènes de forme circulaire ou annulaire (entourant les spectateurs). Les exemples les plus marquants d’innovation architecturale sont l’institut Jacques-Dalcroze à Genève, réalisé par Adolphe Appia en 1911, le théâtre du Vieux-Colombier à Paris, créé par Jacques Copeau en 1919, ainsi que les plans d’un « théâtre total » conçus par Walter Gropius.

L’organisation des théâtres

Les théâtres sont gérés par un directeur de théâtre chargé de la programmation, un directeur administratif et un régisseur s’occupant de toute la partie technique. La régie prend en compte toute la machinerie scénique, comprenant l’actionnement des rideaux, l’éclairage, le son, les effets spéciaux (accessoires, fumées, poulies d’élévation, panneaux pivotants, décors interchangeables, scène escamotable, etc.).

Le théâtre comprend également, outre les coulisses et les loges prévues pour les acteurs, un foyer qui permet aux spectateurs de se réunir ou de se restaurer avant le spectacle ou durant l’entracte. Certains théâtres comprennent, par ailleurs, des salles parallèles de moindre capacité pour la représentation de pièces expérimentales ou de spectacles pour un jeune public.

Les théâtres se répartissent en théâtres privés et en scènes nationales. Les pièces, créations ou reprises peuvent faire l’objet de coproductions. Les répétitions s’échelonnent sur une durée variable de huit à dix semaines, et la première est précédée d’une répétition générale. Certaines troupes sont accueillies en résidence pour plusieurs créations. La direction théâtrale est généralement confiée à un metteur en scène ou à un dramaturge. En France, on peut notamment citer Jean Vilar pour le TNP au palais de Chaillot, Roger Planchon pour le théâtre de la Criée à Villeurbanne, Patrice Chéreau pour le théâtre des Amandiers à Nanterre, Bob Wilson au théâtre des Bouffes du Nord, ou encore Stanislas Nordey au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.

theatre antique
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Histoire du théâtre

Le théâtre de l’Antiquité

A l’origine, le théâtre est étroitement lié aux cérémonies rituelles et aux cultes consacrés aux divinités. En Grèce, le culte de Dionysos fait l’objet de représentations scéniques chantées et dansées. A partir du VIe siècle av. J.-C., un échange s’instaure entre le choeur, jusque là seul présent sur scène, et un protagoniste qui lui répond, permettant ainsi un déroulement de l’action.

Le poète lyrique grec Thepsis introduit le théâtre de masque en Attique, puis donne, en 534 av. J.-C., à Athènes la première représentation tragique de l’histoire. Eschyle, grand fondateur de la tragédie grecque, introduit également le dialogue, l’action et donne au drame théâtral des règles propres. Au Ve siècle av. J.-C. apparaissent les satires. L’acteur, dont le jeu est basé sur le mime, se distingue par le port d’un masque et de cothurnes. La représentation théâtrale accompagne généralement des festivités organisées par les autorités dirigeantes, et les acteurs jouissent à cette époque d’un haut statut social. Le théâtre, tel que le définit Aristote, permet l’expression des sentiments et des affects et entraîne une catharsis. On joue principalement des pièces de Sophocle ou d’Aristophane.

L’Empire romain fait peu cas des textes littéraires et des pièces de Plaute ou de Térence, et préfère organiser des combats de gladiateurs ou des batailles navales au centre des amphithéâtres.

Le théâtre du Moyen Age

Les farces et improvisations du Moyen Age jouées par des troupes ambulantes qui dressent leurs tréteaux sur les places des villages utilisent le personnage du bouffon. A côté de ces pièces de divertissement, déconsidérées par l’Eglise, les mystères et les Passions, drames liturgiques qui empruntent leurs sujets à la Bible, contribuent à renforcer l’emprise du christianisme en Europe. Ces scènes bibliques sont jouées soit sur les places des marchés et les parvis des églises, soit dans les églises où elles se trouvent alors intégrées à l’office religieux. La fonction du théâtre en tant qu’exutoire est assurée par les les fêtes populaires, tels la fête des fous, avec ses scènes burlesques et obscènes, et les carnavals.

Le théâtre de la Renaissance

Avec la fin du XVe siècle et le début du XVIe, le théâtre religieux fait place à un théâtre plus universel et innovant. Les formes dramatiques se diversifient. L’âge d’or du théâtre connaît son apogée en Italie, en Espagne, en Angleterre et en France. La commedia dell’arte, avec ses personnages masqués, notamment Arlequin, devient, dès 1550, l’une des formes théâtrales les plus populaires d’Italie. Fondée sur l’improvisation, son succès dépasse les frontières. Parallèlement se développe, sous l’impulsion des humanistes, un retour aux valeurs et aux pièces de l’Antiquité romaine.

Le théâtre classique accorde une place majeure au langage. La Comédie-Française est fondée en 1680, cherchant à établir les critères d’un théâtre classique. L’Angleterre développe, par ailleurs, une forme de théâtre originale, indépendamment des influences européennes. Les drames de Shakespeare, reflets des passions humaines, connaissent un vif succès. Le décor sobre du théâtre élisabéthain incite les acteurs à un jeu plus expressif. Parmi les principaux auteurs dramatiques de l’époque, on peut encore citer Molière, Racine, Corneille et Calderon.

Théâtre de Paris
Théâtre de Paris

Le théâtre des XVIIIe et XIXe siècles

A côté de Goldoni qui tente de renouveler le théâtre italien, ou de Beaumarchais, Marivaux et Musset en France, l’Allemagne se détache des drames d’inspiration religieuse et des pièces de cour. A l’instar de Diderot qui préconise un théâtre plus réaliste reflétant le monde bourgeois, Lessing développe les premières tragédies bourgeoises.

Le théâtre de l’Odéon

Au début du XIXe siècle, le théâtre reçoit de nouvelles impulsions. A Paris, le Théâtre libre, fondé par Antoine en 1887, propose une approche moins conservatrice que celle de la Comédie-Française, à Berlin, la Freie Bühne (1889) se fait le porte-parole de conceptions théâtrales innovantes. En 1998, Stanislavski crée le théâtre de Moscou et initie une formation de l’acteur, basée sur l’expression de sentiments vrais, qui influence l’Actor’s Studio. En se rapprochant de la réalité, notamment par les drames sociaux naturalistes, ou par les pièces de Tchekhov, Strindberg, et Ibsen, le théâtre amorce les changements radicaux du XXe siècle.

Le théâtre moderne

La scénographie, inspirée par le théâtre russe, évolue vers un jeu de scène basé sur la lumière, l’espace et le mouvement. La mise en scène se fait plus libre. Jarry initie notamment l’esthétique théâtrale moderne en rejetant le réalisme illusionniste.

De nouvelles conventions de jeu introduisent une distance critique entre le jeu de l’acteur et le spectateur. Celui-ci ne s’identifie plus au personnage. Cet effet de distanciation, qui pousse à la réflexion et à la prise de conscience, est représenté par le théâtre épique de Brecht et Piscator. Artaud crée parallèlement le théâtre de la cruauté dans lequel l’acteur retrouve une dimension métaphysique. Copeau défend une mise en scène dépouillée, donnant toute sa place au texte.

Parmi les auteurs marquants de ce début de XXe siècle, on peut citer Beckett et Ionesco, représentants du théâtre de l’absurde, Claudel, ou Pirandello.

A partir des années 60 apparaissent d’autres formes, telles que le Living Theatre de Julian Beck, axé sur l’expressivité du corps, le théâtre off qui s’oppose au théâtre conventionnel, ou le théâtre de Tadeusz Kantor qui se détache définitivement du réel.

La scénographie évolue également et utilise des éléments issus des arts plastiques, modelant l’espace par un jeu de volumes et de lumières. Les mises en scène de Gordon Craig, exploitant la mobilité du plancher de scène, influenceront notamment Patrice Chéreau ou Peter Brook. Les metteurs en scène Bob Wilson ou Roger Planchon, ainsi que les dramaturges Botho Strauss et Bernard-Marie Koltès, marquent entre autres l’histoire théâtrale de cette fin de siècle.

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